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À la rencontre de Vincent Kadio, coach & consultant en gestion de carrière

À la rencontre de Vincent Kadio, coach & consultant en gestion de carrière

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Le taux de chômage des jeunes est élevé en Côte d’Ivoire, on le sait. En effet selon l’Institut National des Statistiques de CI, 60% des jeunes de 15 à 35 ans étaient au chômage en 2012.

Plusieurs raisons expliquent cet état de fait notamment les lacunes au niveau de la recherche d’emploi chez les jeunes. En effet, au delà du contexte structurel du chômage en côte d’ivoire lié à la crise économique, la guerre, la formation quelque fois peu adaptée aux besoins du marché, on remarque que des candidats présentent mal leur CV et ratent les entretiens d’embauche car ils manquent de ressources et d’informations sur comment et où chercher du travail.

Pour tenter de combler cette déficience, Monsieur Vincent KADIO a mis sur pied des programmes de formation et de coaching pour outiller les jeunes ivoiriens afin de leur assurer toutes les chances lors de leur recherche d’emploi.

Il nous présente son parcours et nous parle de la méthode VK.

Q : Bonjour Vincent, peux-tu nous parler de toi?

Je m’appelle Vincent KADIO. Je suis Youth Segment Manager chez Orange Côte d’Ivoire. Après mon BAC C obtenu au Lycée Scientifique, j’ai intégré l’INPHB en filière Commerce puis l’ESCA où j’ai complété un cycle ingénieur (équivalent Bac +5) en Marketing.

Ma carrière a démarré par un poste de bénévole chez Sayna Consulting, par la suite j’ai travaillé chez Moov  CI et chez Comium CI (deux opérateurs téléphoniques) au département Marketing.

Q : Comment es-tu devenu coach en gestion de carrière?

Ça a été un hasard. Au début, je profitais de ma propre expérience en recherche d’emploi pour aider mes amis qui étaient dans la même situation. Ils me demandaient de les aider à rédiger leur CV et lettre de motivation. Puis par le bouche à oreille, les demandes ont commencé à se multiplier vu le succès de ces amis. J’ai donc décidé pour éviter de répéter plusieurs fois les mêmes informations de concevoir des vidéos pour toucher le plus grand nombre. Malgré les vidéos qui expliquaient comment rédiger son CV, les personnes me demandaient de le faire moi-même pour eux.

C’est ainsi que j’ai décidé d’organiser des séminaires pour expliquer la démarche en direct et retoucher les CV sur place. C’est suite au succès de la démarche que j’expliquais que les participants l’ont baptisée la méthode VK (VK étant les initiales de mon nom Vincent KADIO).

Q : Qu’est-ce que cette « Méthode VK » ?

La méthode VK en résumé enseigne 3 choses :

  1.    Comment rédiger un CV percutant et une lettre de motivation captivante
  2.    Comment postuler à de nombreuses offres d’emploi en adaptant son CV à chaque poste
  3.    Comment mener l’entretien d’embauche plutôt que le « subir »

Q : On le sait et les statistiques confirment que le chômage est élevé en Côte d’Ivoire. Comment arrives-tu à drainer du monde à tes formations, comment expliques-tu que plus de 1000 personnes ont pu trouver un emploi avec ta méthode?

Il y a du travail dans notre pays, seulement les gens sont mal outillés pour amorcer leur recherche d’emploi. De nombreuses personnes postulent timidement ou présentent mal leur CV, échouent à l’étape de l’entretien et ne sont donc pas retenues.

Une fois que je leur explique comment procéder, ils appliquent la Méthode VK et trouvent un emploi dans des délais très courts. Je ne crée pas d’emploi, je les aide juste à saisir les opportunités déjà présentes.

TESTIMONIAL

Extrait d’un témoignage de candidat pris sur la page Facebook de Vincent Kadio

 Q : Aujourd’hui l’Etat de Côte d’Ivoire prône l’entrepreneuriat comme solution au chômage des jeunes. Quel est ton avis sur cette initiative?

Cette initiative est la bienvenue. J’ai créé  en mars 2010 une ONG (Eclaire Afrique) dont la mission consiste à aider la population à être financièrement indépendante, soit par le travail salarié, soit par l’entrepreneuriat.

Nous organisions des formations sur l’entrepreneuriat. Mais avec la crise qui a secoué notre pays, le timing n’était pas propice. Nous avons donc orienté nos interventions sur la recherche d’emploi dans les entreprises avec beaucoup de succès.

L’Etat de Côte d’Ivoire met en œuvre des actions pour stimuler l’entrepreneuriat, mais est-ce que cela convient à tout le monde? Pour moi on ne vient pas à l’entrepreneuriat parce qu’on ne trouve pas d’emploi. Tout le monde n’a pas le profil entrepreneurial. On vient à l’entrepreneuriat parce qu’on en a les aptitudes.

Prenez par exemple Drogba Didier, excellent footballeur. Mettez-le sur un terrain de tennis et il y a de fortes chances que vous soyez déçus de sa prestation. Pourquoi ? Parce qu’il n’est pas forcément doué pour ça !

Donc, dire aux gens « allez entreprendre parce qu’il n’y a pas d’emploi pour vous », c’est dangereux. C’est comme dire à quelqu’un « deviens chirurgien, parce qu’il n’y a pas d’autres emplois ». Ce n’est pas donné à tous d’y arriver.

Autre chose, regardez ceux qu’on nous présente comme modèles d’entrepreneurs. Pour la grande majorité, ils ont fait fortune en étant salariés, puis avec leurs  épargnes, sont devenus des entrepreneurs. Quand ceux-ci demandent aux jeunes de ne pas chercher un emploi, sont-ils crédibles ? Non !

Autre modèle d’entrepreneurs, les émigrés qui ont fait fortune et qui rentrent au pays. Quand ceux-ci demandent aux jeunes d’entreprendre, le réflexe de ces derniers est de penser eux aussi à tenter d’aller à l’aventure et revenir entreprendre « au pays » comme eux !

Donc ce que je propose, et ce que je conseille aux jeunes, c’est de trouver un emploi salarié, de constituer une épargne et de créer leur entreprise plus tard. L’emploi peut ne pas être bien rémunéré, mais avec de la volonté et de la persévérance, on peut toujours constituer une épargne.

Pourquoi constituer une épargne ? Parce que nos banques ne prêtent pas aux pauvres, et ne financent pas les projets ! Pour obtenir un prêt, il faut être déjà une entreprise viable. Donc la solution, c’est de démarrer son entreprise avec le peu d’économie qu’on a, puis emprunter pour la développer.

 Q : OK, Quels autres conseils donnerais-tu à la jeunesse de Cote d’Ivoire?

Beaucoup de jeunes veulent se lancer en entrepreneuriat mais se plaignent de ne pas avoir de fonds pour financer leur projet. Je leur conseille de commencer avec ce qu’ils ont.

Je prends l’exemple de quelqu’un qui veut ouvrir un cyber café. Ce jeune me dit qu’il a besoin de 800 000 FCFA. Quand je lui demande pourquoi, il se met à citer des choses totalement inutiles, comme un split, une imprimante, etc.

Qu’est-ce que je lui réponds ? “Tu as juste besoin pour démarrer ton cybercafé d’un seul ordinateur, et d’une connexion à Internet. Est-ce que tu les as” ? La réponse est généralement OUI. Je poursuis donc « tu peux déjà commencer ».

Généralement à ce stade les gens se lancent dans des explications interminables de pourquoi ils ont besoin de tout le superflu qu’ils ont cité. Je les écoute patiemment et je leur dit ceci : « Pour réussir en entrepreneuriat, il faut avoir une grande vision, mais accepter de commencer petit ».

C’est ce qui freine la majorité des jeunes entrepreneurs. Ils veulent commencer grand. Ils se comparent à des gens qui ont sacrifié 10 ou 15 ans de leur vie à constituer une épargne et se lancer.

Ils ont le choix de sacrifier des années pour constituer une épargne ou démarrer avec le peu qu’ils ont déjà.

Mon frère a démarré son cyber-café avec un seul ordinateur portable et son téléphone cellulaire comme modem pour l’accès à l’internet. Jusqu’à ce qu’il trouve un meilleur emploi dans une compagnie aérienne quelques mois plus tard, son entreprise était passée de 1 ordinateur à 5 ordinateurs, avec un accès à Internet via wifi.

 Q : As-tu un mot à adresser aux personnes de la diaspora?

A la diaspora, je dirais d’inspirer ceux qui sont restés en Afrique, en tenant un langage de vérité. Qu’ils arrêtent de faire miroiter des choses inexactes sur l’Occident. S’ils viennent exhiber leurs acquis du fait de leur expatriation, pourquoi les autres devraient les croire et rester au pays ? S’ils veulent être crédibles, il faut qu’ils tiennent des discours vrais.

Ensuite au lieu de financer directement les jeunes, qu’ils mettent leurs fonds à la disposition de sociétés de microfinance/microcrédit qui travaillent déjà avec les entrepreneurs, et incitent ces jeunes à se tourner vers ces organismes.

Pourquoi une telle démarche ? Pour 3 raisons essentiellement.

  1. Ils n’ont pas le temps de faire le suivi des fonds qu’ils font venir au pays, et généralement se découragent de voir que ces fonds n’ont servi à rien. Il est plus judicieux de les confier à des personnes dont le métier est de financer et de suivre les entrepreneurs dans la gestion de leur entreprise.
  2. Ils aideraient ainsi les entreprises de microcrédit qui ont besoin de ressources pour accroitre leurs activités, recruter du personnel pour leur croissance etc. Donc par un effet d’entrainement, les fonds de la diaspora vont servir à créer beaucoup plus d’emplois directs et indirects.
  3. Il y a aussi l’option de créer leur propre fondation ou organisme de charité

Q : Pour finir, quels sont tes projets?

Je suis exactement le chemin que je recommande à mes jeunes frères. Je suis employé dans une entreprise, je constitue une épargne, et dans le même temps, je gère des entreprises en parallèle.

Lorsque mes affaires personnelles me rapporteront 3 fois plus que ce que je gagne en tant qu’employé, et surtout lorsque mes entreprises nécessiteront ma présence permanente pour leur gestion, alors peut être que je démissionnerai pour m’y consacrer totalement.

Mais pour l’instant, mon challenge est de concevoir des formations pour aider les jeunes employés à progresser professionnellement. Vous savez, faire correctement son travail, et travailler dur ne suffisent pas à gravir les échelons en entreprise. Il y a un ensemble de règles non écrites qu’il faut connaitre et appliquer pour progresser et occuper des postes de responsabilités. Je bosse sur ces formations, je les lancerai très prochainement.

Puis je me consacrerai aux entrepreneurs qui veulent développer leurs affaires. Parce que pour moi la partie la plus facile, c’est la création de l’entreprise, mais là où réside le vrai challenge, c’est comment la rentabiliser d’une part, et comment la faire croître de l’autre.

Merci de m’avoir offert la possibilité de parler de la méthode VK.

Afropolites, pour contacter Vincent Kadio, connaître les dates de ses prochaines formations ou pour lire les témoignages de ses clients,

visitez son site internet: http://planmarketingmix.com/ 

ou sa page facebook: https://www.facebook.com/PlanMarketingMix

8 Comments

  1. BADOURINO
    22/07/2014 at 10:33 am
    Reply

    Je suis d’accord avec Mr KADIO, entreprendre une activite ne peut pas se substituer a un emploi.
    En dehors de la competence dans son activite principale il faut avoir les valeurs de leadership de gestion des Hommes.il faut pouvoir toucher a tous. En gros il faut savoir faire savoir faire faire et savoir controler. Dans une entreprise on vous demande de savoir pour avoir votre gagne pain.

  2. William KADIO
    22/07/2014 at 5:14 pm
    Reply

    Belle intervention VK,
    Pour ma part, si l’état de Côte d’Ivoire veut faire la promotion de l’entreprenariat, il faudrait mettre les structures déjà éprouvées dans les pays occidentaux comme les incubateurs, des facilités fiscales et des fonds pour aider ses entrepreneurs. Parler de l’entreprenariat sans les moyens c’est montrer qu’on est pas capable de trouver de l’emploi pour les jeunes.

  3. Mary
    22/07/2014 at 9:41 pm
    Reply

    Propos justes et clairs! J’aime l’approche.
    Et surtout, la vision juste de ce qu’est l’entrepreunariat.
    “avoir une grande vision, mais accepter de commencer petit”

  4. Vincent KADIO
    23/07/2014 at 12:16 pm
    Reply

    Merci à Aya Kassela pour cette belle interview et cette opportunité de partager ma vision des choses.

    Au passage, ceux qui aimeraient en savoir plus sur cette “fameuse” Méthode VK peuvent consulter ce lien maintenant: http://www.22s.com/124141

    Merci encore à Afropolite.com et à toute son équipe dynamique.

  5. Aya Kassella
    23/07/2014 at 3:36 pm
    Reply

    Merci à toi Vincent pour ta disponibilité. Bon succès!

  6. aminata kouame
    23/06/2015 at 1:09 pm
    Reply

    slt vincent je te tire mon chapeau.dieu te benisse pr ce que tu fais pour nous.tu m’as fais decouvrir plein d’erreur et j’ai retouche mon cv,apres t’avoir ecoute sur radio espoir avec tonton hono que je salue au passage,j’ai achete ton livre la methode VK,je sais que la chance va me sourir car mon temoignage suivra.

  7. Brindou samuel
    22/06/2016 at 6:29 pm
    Reply

    slt Vincent, merci, pour ta méthode, j’aimerais savoir quand sera la prochaine formation ? ET comment on peut se procurer tes document?

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