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Adicom Days et les influenceurs africains

Adicom Days et les influenceurs africains

Afrolife, On reste poli, Opinion

Plus tôt dans la semaine, nous publions un article sur les ADICOM Days et les “influenceurs africains”. Si vous aviez manqué cet article, c’est le moment de vous rattraper par ici.

À la suite de cette publication, Azimath Adjassa nous a contacté pour s’exprimer sur le sujet. Azimath est béninoise et de formation ingénieure en télécommunications. Elle est à l’origine de SunuStartup, une plateforme qui ambitionne de devenir le répertoire en ligne de toutes les entrepreneuses africaines. 

Azimath a assisté aux ADICOM Days; son avis sur le sujet est donc plus qu’intéressant.


ADICOM DAYS 2017 ; ET SI ON LEVAIT LES EQUIVOQUES ?

Depuis la tenue de ADICOM Days, les voix ne cessent de s’élever pour exprimer sous diverses formes des avis concernant cet événement. J’y étais et je pense qu’il y a lieu de lever certaines équivoques suscitées par plusieurs tweets et qui prêtent à débat.

Quelles sont ces sujets de polémiques et quel est mon avis sur le sujet ?

Observation n•1: Pourquoi Paris pour un événement « Afrique » ?

Bien que cela semble paradoxal de loin, au vu du niveau de l’événement et pour lui assurer un futur, ce choix est à la fois stratégique et risqué.

Observation n•2: Un panel mixte

Comme tout événement du même ton, le panel était constitué d’un public mixte regroupant des « influenceurs » africains en majeur partie panélistes, des amoureux de l’Afrique, des investisseurs, la presse, de simples curieux et des chercheurs d’opportunités comme moi venus pour « réseauter », rencontrer, échanger, s’inspirer des parcours, etc.

Observation n•3: Les dits « influenceurs » n’en étaient pas tous

Ceux mis en avant par les organisateurs en tant qu’ « influenceurs » ne l’étaient pas tous. Influencer par le numérique (dans mon sens) c’est « être capable de citer des actions concrètes à travers lesquelles des âmes ont été touchées positivement ».  Je suis partie des lieux autour de 18 h, satisfaite de mes objectifs, de mon investissement (billet d’avion Cotonou-Paris-Cotonou + 252 euros des frais de participation entre autres).

Panel après panel, j’ai pu retenir trois vraies histoires d’influenceurs :

  • la première concerne celle de cet influenceur qui a redonné l’espoir à une personne atteinte du cancer juste par le post d’une photo avec un turban noué à la tête
  • la seconde concerne l’empêchement de la construction d’un immeuble malvenu, grâce à une mobilisation relayée par un influenceur via Facebook
  • enfin la dernière concerne l’assistance apportée à une femme lors de son accouchement pendant une période d’instabilité politique dans son pays grâce à un hashtag lancé sur les réseaux sociaux.

Observation n•4. Il ne s’agit pas (toujours) du nombre de followers ou du nombre de retweets

Des témoignages sus cités, être influenceur n’est pas un travail individuel. C’est un travail d’équipe dans le temps. Se baser sur des chiffres (nombre de followers ou de fans) biaise la donne. En général, la communauté fédérée ou impactée en Afrique via l’influence du numérique ne se retrouve pas en majorité sur le net.

Observation n•5: il y a un amalgame entre « influenceur » et « réussite via le digital »

Juste avant sa présentation, une panéliste a tout de suite tenu à préciser : «  je n’ai voulu influencer quiconque, je voulais faire du commerce ». En effet, le panel ne la présentait pas non plus comme influenceuse mais plutôt comme une véritable réussite du business par le digital. Cette réussite avant tout personnelle a inspiré, inspire et inspirera plus d’un. En effet, l’influenceur, à mon sens, va au-delà d’une gloire personnelle, d’un business. L’impact social vient en premier dans mes critères personnels qui définissent un influenceur.

Observation n•6Les « oublié.e.s » des ADICOM DAYS 2017

J’ai noté de gros oubliés pour cette édition. Etant donné que l’édition était placée sous le signe des « influenceurs », j’avoue avoir espérer voir parmi les panélistes les initiateurs des hashtags incontournables de l’Afrique comme kebetuwasexolwili.

Pour moi, ces personnes sont vraiment influentes; je les considère comme des références, tout comme Google est une référence en matière de moteur de recherche.

Je finirai sur une touche féminine avec cette jeune femme de Guinée qui par des selfies devant des dépôts d’ordures sensibilise et touche le comportement de ses compatriotes pour un environnement propre et salubre.

Azimath Adjassa


Si à la fin de la lecture de cet article, vous continuez à vous demander “mais c’est quoi un influenceur ?!?”, voici une tentative de définition
Un influenceur est un individu qui par son statut, sa position ou son exposition médiatique peut influencer les comportements de consommation dans un univers donné. Ce pouvoir ou cette influence potentielle sur la consommation justifie le fait que les marques et organisations cherchent à toucher ou à collaborer plus ou moins directement avec les influenceurs dans le cadre d’actions et dispositifs marketing spécifiques.

Source Définitions marketing

La notion d’influenceur est évidemment une notion très relative et dans notre contexte sujette à débats. La preuve en est avec les articles cités dans notre post “Qui veut la peau des influenceurs africains ?”

Photo d’illustration: source Karellevv

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