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Afropolite City : Cotonou

Afropolite City : Cotonou

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Omonikabi nous parle de la ville où elle vit : COTONOU. Un moment de partage sur ce qui fait de cette cité son chez elle depuis environ 6 ans.

Qui es tu, où vis- tu et qu’y fais-tu?
Je suis Omonikabi OLEA. Je vis à Cotonou dans le 6è arrondissement. J’y travaille également dans une société de la place.

Quelle ville souhaites-tu partager avec nous? Est-ce une ville de cœur? Y vis-tu?
Cotonou (ou Koutonou pour les intimes qui signifie en langue fon « au bord de la lagune de la mort »). Ce n’est pas ma ville de cœur. Avec Cotonou, je suis en train d’approfondir la relation. Elle est faite de hauts et de bas, mais j’espère qu’un jour, elle me fera ressentir des émotions comme ma ville de cœur que je vous ferai découvrir une autre fois.

Quelle est ta relation avec cette ville? Qu’est ce qui te lie à cette ville? Depuis quand?
Cette ville est l’endroit où je vis. J’y suis, parce que ma famille à laquelle je suis attachée y est. C’est une histoire qui dure maintenant près de 6 ans.

Cite nous 3 choses surprenantes et positives sur ta ville?

  1. C’est une ville cosmopolite qui accueille facilement tout le monde.
  2. C’est une ville aux contrastes apparents. Et c’est ce qui en fait sa spécificité. La gargote côtoie allègrement l’immeuble de haut standing. La plantation de canne à sucre ou de maïs en plein milieu de ville, etc.
  3. La sortie des « revenants » appelés « egungun » par les yoruba ou « Kouvitos » par les gouns. Ces êtres habillés de tissus variés et richement garnis avec des décorations de toutes sortes sont une institution remémorant les souvenirs de nos morts car les yorubas croient que les âmes de leurs défunts sont encore avec eux. Ils sont capables des tours de prestidigitation les plus extraordinaires. Ils flattent pour avoir des récompenses, effrayent dans leurs mouvements et formulent des vœux de bonheur à ceux qui leur font des cadeaux. La première fois que je les ai vus, j’ai été vraiment intriguée. Des revenants ? comment ça se fait ? en tous cas, ces êtres insolites en rajoutent à la saveur de Cotonou.


Qu’aimes-tu le plus dans ta ville ?

  • Vous allez rire. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, j’adore l’odeur du carburant frelaté qui me fait me sentir bien. C’est une odeur caractéristique qui fait que lorsqu’on arrive à Cotonou, on sait vraiment qu’on y est. Ce n’est pas très flatteur je sais, et je le regrette.
  • J’aime aussi pouvoir faire des courses rapides en taxi-moto. Ces engins en rajoutent à la pollution de l’atmosphère mais ils sont si pratiques. Ils vont là où les voitures n’arrivent pas. Pas besoin de marcher longtemps pour en trouver. On en trouve à tous les coins de rue et à tout moment.
  • J’affectionne particulièrement les noms des quartiers : Sikècodji, Fifadji, Zogbohouè, Sainte Rita, Jéricho, Missèbo, Guinkomè, Agla, Fidjrossè, Jonquet, Akpakpa, Haie vive, Patte d’oie, Les cocotiers, Ayélawadjè, Kouhounou, Gbegamey, Cadjehoun. La plupart des quartiers ont une histoire et c’est leur nom qui la raconte. Ayélawadjé signifie littéralement  en yoruba « c’est la vie que nous sommes venus manger », en d’autres termes, nous sommes venus profiter de la vie, faire la belle vie.

Quels sont tes lieux préférés?

  • Ça va paraître peut-être égocentrique mais mon premier lieu préféré est ma maison, à Aïdjedo, quartier populaire du 6è arrondissement. Elle fait partie de Cotonou, n’est-ce pas ? Je n’y passe pas beaucoup de temps, ce qui fait que les instants qui m’y trouvent deviennent juste précieux. Cela compte pour moi seule mais c’est une révélation qui vaut son pesant de paille, si je puis m’exprimer ainsi. Il faut dire qu’elle est bien située, avec les commerces courants à proximité, i.e un supermarché, un marché, un hôpital, la vendeuse d’Akassa*, le vulcanisateur, le tailleur, le menuisier, le coiffeur. De plus, il n’y a pas trop d’eau dans la VONS* en saison pluvieuse.
  • Le stade de l’amitié de Kouhounou, un des plus grands d’Afrique de l’ouest. C’est en réalité un complexe sportif. Il comporte un stade, un palais des sports, un court de tennis, une piscine olympique et un hôtel. Les week-ends, il est pris d’assaut par les sportifs de tous niveaux. Vous y verrez des entrainements de football, handball, basketball, des praticiens des arts martiaux, des aficionados de la musculation, des amateurs de marche, etc. Les dates importantes de l’agenda culturel, politique et technique sont l’occasion d’y organiser des foires où des stands sont dressés. Régulièrement, je me rends aux Foires de l’indépendance, aux différents rendez-vous de RAL* ou FAL*, aux expositions photos de la Fondation Zinsou ou aux diverses promotions de nouveaux produits. Au stade de l’Amitié, on trouve toutes sortes de commerces, établissements financiers, buvettes, casino, des agences de téléphonie mobile, supermarchés et restaurants. Le royaume de l’igname pilée y est implanté. Vous arrivez avec environ 2500 FCFA et vous ressortez de là bien content, la peau du ventre bien tendue. Les soirs, le stade se transforme en un grand restaurant à ciel ouvert. Tout le monde y trouve son compte : du Aglouza* (ou chercheur ) aux frites de pommes de terre, banane ou igname, en passant par le riz, la salade, le amiwo, poulet au four, le chawarma, etc. Le stade de l’amitié abrite également de grandes rencontres : la dernière à laquelle j’ai pris part fut la grande messe dite par le Pape Benoit 16 le dimanche 20 novembre 2011 dans le cadre de sa visite en terre béninoise. Un chef d’œuvre d’organisation !
  • La plage : OBAMA Beach.  Ç’aurait été un sacrilège que je ne mentionne pas cet endroit. Comme aime à le dire mon beau-frère, « Omonikabi et son affaire de plage! ne parlez pas d’elle sans parler de plage». Un peu réducteur mais façon de confirmer que j’ai un faible particulier pour la plage, et celle qui se trouve  derrière le palais des congrès est juste Waouh !! Au départ située entre le Centre International de Conférences et l’hôtel Novotel, elle a été déplacée il y a quelques temps. L’avancée de la mer y est pour beaucoup ! Elle est si belle ! si propre ! si chic ! C’est un jeune opérateur économique, de retour à Cotonou après une longue aventure dans des pays comme la Grande Bretagne, le Sénégal, l’Italie qui a décidé d’en faire la promotion. On y trouve donc des aires de jeu aménagées, des restaurants, des espaces de fêtes et de spectacles. Je n’y vais pas spécialement pour faire trempette. Beaucoup plus pour y respirer de l’air pur et pour mes tête-à-tête avec le créateur. J’adore y marcher, regarder les gens y affluer et observer l’horizon avec ses promesses. J’ai l’impression qu’elle est tout le temps en mutation puisqu’à pratiquement chacune de mes visites, elle a un visage un peu différent. Tiens, la dernière fois, avec la famille, on y a vu des Kaletas* qui se sont prêtés à mon objectif :-).
Obama Beach Cotonou
Obama Beach Cotonou

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Quels sont les lieux à ne pas manquer quand on s’y rend ?

  •  L’Institut Français : situé sur l’avenue Jean-Paul II, à côté de l’Ambassade de France. Pour les amoureux de la culture, il y a tout un programme au cours de chaque mois : artistes peintres, musiciens, chanteurs, expositions d’art, vernissage, théâtre, festivals…
Institut Français Cotonou
Institut Français Cotonou

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  • Le marché de DANTOKPA : l’un des plus grands et des plus fréquentés de la sous-région. On y trouve tout ! Absolument tout ! Mais faut être un sportif des premières heures si on ne sait pas exactement où l’on va. On peut facilement glander jusqu’à pas d’heure.
  • La place de l’étoile qui rappelle une autre place célèbre.
  • La place du souvenir (anciennement place des martyrs) qui commémore la lutte contre les mercenaires menés par le tristement célèbre Bob Denard
  • Le Palais des congrès de Cotonou
Palais des congrès de cotonou
Palais des congrès de Cotonou

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  • Le centre international des conférences (CIC), un chef d’œuvre architectural
CIC
CIC

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  • Le Bab’s Dock : situé à 11 kms de cotonou, cet endroit paradisiaque est bien indiqué pour faire de petites escapades en amoureux ou en groupe. Après avoir pris un petit bateau à moteur, on accède à un ponton et un restaurant sur pilotis. On y profite des plaisirs qu’offre la lagune à bord d’un kayak ou d’un des deux petits voiliers laser (2 000 FCFA/heure). Et pour ceux qui n’auraient pas le pied marin, il est possible d’aller faire un coucou aux singes ou se défouler sur un petit jeu d’escalade et une balançoire pour les plus petits.
Comment se rendre au Bab's Dock pour une balade en amoureux
Comment se rendre au Bab’s Dock pour une balade en amoureux

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Quels sont les lieux qui montrent le mieux le mode de vie de ses habitants?
Selon qu’on est de Hwlakodji, on est pêcheur. Les personnes de Dantokpa, on l’aura deviné excellent dans le commerce.

Cite nous 3 choses ou plus que tu aimerais voir changer/ s’améliorer dans ta ville?

  1. La politique d’évacuation de l’eau. Elle existe mais ne tient plus la route. Les collecteurs A et B ont été submergés d’ordures par les usagers. Ce qui a pour conséquence le non ruissellement de l’eau. La terre béninoise est sablonneuse. Cotonou même est en-dessous du niveau de la mer. A la moindre pluie, il y a des inondations. Ce sont des eaux qui stagnent par endroits. Parler d’eau stagnante, c’est en revenir aux maladies endémiques.
  2. L’encombrement des voies express, ayant pour corollaire l’augmentation des risques d’accidents ; la cohabitation des gros porteurs avec les véhicules des particuliers et les motos, même les vélos. La mesure qui a été prise il y a environ 4 mois par les autorités de la ville est salutaire. Les engins à 2 roues sont déviés sur le trafic local. Et les automobiles circulent « entre elles ». La première fois que j’ai conduit sans voir des « deux roues » ni devant moi, ni à mes flancs, j’étais toute chose. Je me demandais ce qui se passait. C’est mon voisin d’habitacle qui m’annonçait alors la merveilleuse nouvelle!
  3.  La prolifération des Taxi-motos appelés Zémidjans. Nos hommes en tenue jaune quadrillent la ville. Comme je le disais tantôt, ils nous sortent de bien des pétrins mais pour l’intérêt supérieur de tout le monde, la reconversion de conducteurs de taxi-moto est nécessaire. C’est un travail de longue haleine et les différents gouvernements qui se sont succédé à la tête du pays ont toujours buté sur ce gros os. Cotonou est appelée le Mexico de l’Afrique à cause de la pollution atmosphérique. Cette pollution n’est pas sans conséquence sur la santé des populations.
  4. La construction tous azimuts des immeubles en verre ou en marbre. C’est un signe extérieur de richesse. Les uns et les autres s’en donnent à cœur joie pour matérialiser leurs avoirs en banque. Seulement, parmi ces bâtiments, nombreux restent à l’abandon des années plus tard, faute d’entretien.

En supplément à cet article, découvrez Cotonou autrement avec “We are happy from Cotonou”, inspiré du clip original de Pharrell Williams : https://www.youtube.com/watch?v=bwLLbLSMMMo

Lexique

*Akassa : pâte de maïs fermentée. Très digeste, l’akassa se mange avec une sauce moyo (tomate, oignon piment poisson)

*VONS : Voie Orientée Nord Sud

*RAL : la Rentrée Aura Lieu

*FAL : la Fête Aura lieu

*Aglouza ou chercheur : viande de porc

*Kaletas : personnes masquées en portugais

7 Comments

  1. BADOURINO
    04/04/2014 at 8:17 am
    Reply

    Merci OLEA pour ce partage. Malheureusement tout cela risque de disparaitre assez vite si les efforts ne s’ accroissent pas pour freiner l’avancee de la mer. Pour l’instant un seul mot:foncez sur cotonou pour la croquer a belles dents.

  2. felicite
    04/04/2014 at 2:55 pm
    Reply

    Trop top ce commentaire sur cette afropolite ville de Cotonou. Dans ce article tout y est. ” Cotonou y vivre ou mourrir. ”
    OBK
    Merci OMONIKABI

  3. Sylvie
    04/04/2014 at 7:34 pm
    Reply

    J’ai séjournée 2 fois à Cotonou. Je suis frustrée d’être passée à côté de tant d’attractions ! Là, après avoir lu l’article, j’ai trop envie d’y retourner !
    Comment appelle t-on le karaoké mythique de Cotonou ? En fait de karaoké, ce n’en est pas vraiment un ! 🙂 Trop de chanteurs pro. Casseroles s’abtenir !

  4. Maimouna
    06/04/2014 at 3:48 pm
    Reply

    Je saurai où partir si je visite Cotonou un de ces 4 – merci à Afropolite de nous faire découvrir des villes africaines.

  5. Mary
    29/04/2014 at 11:23 am
    Reply

    Le fameux marché de Dantokpa ! C pratiquement la seule chose que je connaissais jusque là de Cotounou 🙂
    Merci Omonikabi de nous donner l’impression d’y être.

  6. Dave
    19/05/2014 at 9:35 pm
    Reply

    Cotonou ma ville.. Merci pour cet article qui me laisse un sourire aux lèvres

  7. Myna
    23/05/2014 at 10:27 pm
    Reply

    OBAMA BEACH, la place des martyrs…oh lala souvenirs,souvenirs. Merci Omonikabi pour cette belle description. vivement que Cotonou devienne ta ville de coeur!!! Il y a aussi le HALL DES ARTS à visiter pour les amoureux de l’artisanat

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