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Afropolite Movie: Dear White People

Afropolite Movie: Dear White People

Culture et Lifestyle

Avec un titre pareil et la couverture dans les web média afro américains, on aurait pu s’attendre à un nouveau film digne des classiques de Spike Lee. Le climat socio-politique autour de l’insécurité d’être un homme noir aux Etats-Unis participait peut-être à cet apriori sur le film.

Le Dr TR lui n’en avait pas vraiment, il nous partage son point de vue sur ce film au titre plus qu’accrocheur.

Je m’attendais à rien, et pour tout dire j’étais plutôt attiré par le côté ‘ça se passe dans une école de prestige (Yale, Cornell, Harvard, Brown… aaaaaaahhh)’ et ça parle de la noirie… ç’aurait pu être un documentaire, je n’aurais pas sourcillé.

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“Dear White People” est assez particulier à voir… La narration n’est pas très fluide de prime abord, mais ça a son charme.

Il s’agit d’un premier film d’un noir qui est né au Texas et a été primé à Sundance, cela éveille une certaine curiosité. On est surtout content de retrouver Tyler James Williams (aka Chris Rock dans la série “Everybody hates Chris”) et Tessa Thompson (oui celle de ‘Selma’… réchappée des  séries tout public adolescent tels que’ Veronica Mars’), plus par nostalgie que parce que ce sont des acteurs inoubliables hein (quoi que…) !
Pour ceux qui n’ont pas un minimum de culture US, il va falloir un peu s’accrocher. Les références à des figures et des notions typiquement américaines sont légions : Mais c’est qui Harriet Tubman ?  L’Ivy League c’est du golf ou du polo ?

Le scénario mélange bien deux, trois intrigues (rivalités familiales, désir de gloire, tv et médias sociaux…). Contrairement à ce que le titre peut laisser croire, l’histoire principale semble ne pas forcément être axée sur ‘comment être noir dans un monde de blanc’, mais tout simplement sur la quête d’identité, voire la construction de son identité.

On sait tous que tout le monde a des préjugés, là on s’en rend mieux compte.

Et cela d’autant plus:

– qu’on vit dans un monde de ‘convergence’ où chacun veut se faire sa place, avoir son quart d’heure de gloire, mieux faire que ses parents…

– qu’on vit dans un monde où chacun voit midi à sa porte, ne pense d’abord qu’à ses propres droits à la liberté (d’expression tiens) sans se demander qui peut en souffrir.
C’est peut être un film post-adolescence, les personnages sont à l’université, pas vraiment à la fin de leur parcours, le lycée n’est pas si loin, et chacun se cherche. Certains se trouvent, d’autres se retrouvent. On comprend juste que les concepts tout fait comme ‘sois toi-même’ n’ont pas de sens dans un monde où il y a des rapports de forces entre majorité/normalité/ordinaire et minorité distinctive.

On ne peut vivre qu’en réaction : qu’on soit roux parmi les bruns, pygmée parmi les bantu… On s’adapte, il n’y a pas de ‘soi-même’ mais un ‘par rapport à l’autre’ qui peut changer selon les interlocuteurs, le milieu, les envies et ambitions…
Ce n’est pas une attaque contre le racisme de base : tous les comportements sont plus ou moins dénoncés, du militantisme pur et dur au reniement de soi…

On sait tous que tout le monde a des préjugés, là on s’en rend mieux compte.

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Ce que j’ai aimé c’est d’avoir l’avis d’un noir des States sur différentes problématiques que nous autres ne connaissons pas forcément très bien.

Par exemple, certains ont totalement honte de leur prénom : aux US  un prénom peut juste te rattacher au ghetto sans fioritures, ici en Europe où je vis certes un prénom peut te renvoyer à une ethnie mais pas à une classe sociale prédéfinie. Même si souvent certaines tribus ici sont indubitablement plus massivement dans les banlieues pauvres que les beaux quartiers.
Est-ce une comédie ? Pas très sûr, l’humour n’est pas omniprésent. On serait plutôt dans le sarcasme ou la dérision…
Alors à voir ? L’un des grands mérites du film et de montrer qu’il n’y a pas qu’un type de ‘noir’ , il n’y en a pas non plus deux (nègre de maison et nègre des champs) ou même trois… L’autre mérite est de provoquer le débat, sans imposer de vérité générale : que sommes-nous ? qu’assumons-nous ?

Avez-vous vu Dear White people? qu’en avez-vous pensé? Partagez avec nous votre point de vue

3 Comments

  1. Koffi
    03/04/2015 at 5:51 pm
    Reply

    En fait le film expose l’hypocrisie d’un system patriarchal WASP (White Anglo-Saxon Protestant) fait pour maintenir les minorités raciales sous contrôle, même sous le vernis et langue de bois de post racial America. Mais il met aussi en exergue comment les minorités peuvent s’enfermer dans cette logique de confrontation et d’une certaine manière se recrocviller sur elles même. Le caractère principale la jeune fille est biracial et à un problème identitaire profonds dans un social divided. Et le pire elle est amoureuse d’un blanc sensé incarner le système qui l’oppresse (à tord ou à raison). L’idée du film c’est de montrer qu’il ya des clivages sociaux mais ça devrait pas nous arrêter de chercher la véritable nature de l’humanité en nous, abatre les barrières et reach out notre opposite… Et même si c’est une démarche collective et sociétaire, ça commence par l’individu. ☺

  2. Sula H.
    08/04/2015 at 2:32 pm
    Reply

    Koffi, analyse tres interessante. Je n’ai pas encore vu le film. Mais ayant vecu longtemps aux US et ayant lu d’autres revues, j’ai tendance a partager ton point de vue. Je reviendrai sur la revue apres avoir vu le film certainement.

  3. Corneille I.
    08/04/2015 at 3:21 pm
    Reply

    Commentaires intéressants en effet. Mais je trouve assez pertinent de dépasser l’intention probable et particulière du réalisateur pour lui préter une portée peut être plus universelle au film ? Tout le monde est déjà d’accord pour voir que le mot clef ici est “l’identité”… Sans connaître la vie aux USA, je pense que l’on peut quand même dire que l’homme n’est jamais “soi-même”, il se construit, reconstruit, déconstruit face aux autres… Et c’est même le plus bel espoir de tolérance et d’humilité hihi !

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