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Afropolite TV: An African City

Afropolite TV: An African City

Culture et Lifestyle

Je suis une grosse consommatrice de séries TV.

Depuis les séries ivoiriennes et feuilletons brésiliens de mon enfance aux séries américaines un peu geek* de ces dernières années, mon attrait pour les shows TV n’a jamais faibli. Avec Internet et le téléchargement pas toujours très légal ou le streaming*, regarder des séries télé est devenu mon loisir numéro 1.

Malgré ma consommation assez variée de programmes, je reste en marge des séries africaines. Les rares essais de visionnage depuis 2001 m’ont convaincue qu’elles sont peu compatibles avec mes goûts actuels. Je l’avoue, je suis très influencée par les standards américains. Côté séries africaines/ivoiriennes, on se retrouve inlassablement avec: scénarios toujours pareils, rebondissements convenus, jeux d’acteurs très théâtre ivoirien figé, trop de cris, de hurlements, de pseudo bagarres, acteurs au jeu comique lourd, décors pas top, bref rien à garder.

C’est à cause de cet à priori assez négatif que j’ai ignoré les shows TV africains ces 10 dernières années, malgré le succès grandissant de Nollywood.

Mais cette année j’ai découvert an African city.

Le format internet du show correspond à mon mode de consommation de séries même si je n’en regarde pas sur youtube.

Bon point, cette série met le doigt sur l’habillage visuel qui faisait tant défaut aux séries africaines que j’avais abandonnées plus tôt. Elle se déroule en Afrique, à Accra au Ghana plus précisément. Elle ressemble à l’Afrique que je connais. C’est lumineux et riche en couleur comme en réalité. Passé le visuel, qu’y a t il à garder ou à laisser ?

Le concept est quasi entièrement issu de la série Sex and the city. Série qui a accompagné mon passage à la vie d’adulte. Dans An African city, nous avons une déclinaison “made in Ghana” avec moins de moyens et moins de mises en situation/décors dynamiques et variés. Quand dans Sex and The City le personnage principal était New York, Accra reste assez discrète dans An African City.

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La réelle originalité repose un peu sur la localisation géographique et beaucoup sur le profil des personnages. Des femmes africaines ayant vécu, étudié, travaillé en Occident (Europe et USA pour la majorité) qui ont décidé de retourner vivre en Afrique. Elles ont un profil si afropolite que l’identification première est très forte : elles ont un look très travaillé faisant la part belle aux pagnes wax. Toutes célibataires sans enfant,  elles sont dans la fin de la vingtaine et ont des questionnements et habitudes typiques des afropolites : loisirs, amours, vie sociale, vie pro ou recherche d’emploi …. Les personnages ont un parcours universitaire et professionnel avancé, discutent de sexe et de relations homme femme sans tabou ni clichés traditionalistes, s’expriment avec un langage de qualité. Bref, des profils si rares dans les séries occidentales dont je m’abreuve.

La série se présente sous forme de scénettes autour d’un thème par épisode. Certains sujets sont très légers voire limite inintéressants ( le flirt végétarien?! sérieusement?), d’autres sérieux (le dédouanement au port) et présentés sous un angle humoristique ou sarcastique assez bien mené en général.

La similarité avec Sex and the city  pour ce qui est du vocabulaire cru ou des positions morales parfois osées me fait me demander si elle est diffusée sur les chaînes TV africaines sans censure.

Conclusion : Pas mal mais peut mieux faire. Je vous recommande de regarder Sex And The City jusqu’à l’avant dernière saison. Elle vous fera encore plus aimer An African City et vous montrera tout le potentiel de cette cousine ghanéenne.

– La recommencerais-je ? Oui

– Continuerai-je à regarder ? Oui

– Afropolitude  level: 4/5

J’ai également entendu parler de la série Shuga: série qui a vu éclore la désormais célèbre Lupita Nyongo. J’y jetterai un coup d’oeil et vous donnerai mon avis bientôt.

Et vous Afropolite, connaissez vous An African City?  qu’en avez vous pensé ? Regardez vous d’autre séries “Africaines” ? Partagez les avec nous.

Geek: terme d’argot américain, qui désigne une personne extrêmement pointue dans un domaine précis, souvent associé à l’informatique.

Streaming: service internet permettant le visionnage en ligne de vidéo ou audio sans nécessité de l’enregistrer sur son PC

 

8 Comments

  1. Sula
    08/07/2014 at 12:29 pm
    Reply

    Tres belle revue de la serie.

    Bien que j’ai adore le style et la cinematographie de la serie, j’ai trouve le contenu de la serie assez vide et superficiel. J’ai adore Sex and the city, mais l’avantage de SATC c’est que les dialogues et le developpement des personnages etaient beaucoup plus pousses. Avec African City, j’ai l’impression qu’on ne prend pas assez le temps de developper les personnages et qu’on nous propose des images de mode pour nous montrer une “autre” image de l’Afrique. C’est bien beau de montrer une “autre” image de l’Afrique mais il faut aussi pouvoir lui attribuer un contenu tout de meme?

    Bref, je suis restee sur ma faim en ce qui concerne An African City.

    Je recommanderai Adams Apples de Shirley Frimpong-Manso de pour une vraie vision “afropolite” d’Accra.

    • Moniki
      08/07/2014 at 6:57 pm

      Ouch comme tu est dure!!Sur le fond je sui tout à fait d’accord que an African City ne tient pas la comparaison avec SATC.La volonté de montrer une image valorisante ets très présent et la show runner reconnais que c’est la première frustration qu’elle a souhaitée satisfaire dans AAC ( j’adopte les intiales 🙂 ). Le contenu est à peine effleuré.
      SPOILER

      Par exemple,je suis restée sur ma faim sur la frustration de se rendre compte qu’elle ne parlait pas la langue de chez elle: le TWI. Face à la copine de son ex ( qui le parle couramment), elle paraissait si “pièce rapportée” qu’elle a décidé de se mettre à l’apprendre. C’est un point qui a été éludé si vite que je me suis dit qu’ils ont raté là un sujet sympa. tout le monde n’a pas forcément envie de parler anglais et ça peut donner lieu à quelques situation cocasses. dommage!

      Fin SPOILER

      Mais je tiens à rappeler que SATC avait aussi de la superficialité. c’était aussi ce qui nous faisait l’aimer. Chralotte et les poils de son époux pour ne citer que ce cas là.

      Mais j’attends avec impatience la saison 2 qui je l’espère aura plus de fonds

  2. Mary
    08/07/2014 at 7:05 pm
    Reply

    Hello,
    J’ai été attiré par la série à cause, je l’avoue, des tenues des actrices 🙂
    Cependant, j’ai pas vraiment accroché au fil des épisodes. Je ne saurai dire la raison exacte (j’ai pas réussir à finir..)
    En même, je dois faire partie des rares filles de ma génération qui n’ont pas regardé/n’ont pas aimé Sex and the city… Je sais pas si ça a un lien.

  3. lucie
    09/07/2014 at 9:31 am
    Reply

    Pour n’avoir pas souvent vu ce genre d’adaptations, j’ai beaucoup aimé AAC. vraiment dommage qu’ils effleurent certains sujets mais ça ne lui enlève pas son côté frais et ça, oui j’achète! Y a pas mieux pour apprendre ou se replonger dans la langue de Shakespeare
    Merci pour cette revue Moniki

  4. Kossia
    09/07/2014 at 7:50 pm
    Reply

    J’ai entendu parler de cette serie Africaine. Ca faisait tellement “le buzz” que j’ai attendu d’avoir assez d’episodes pour m’installer et commencer a regarder la fameuse serie… Quelle deception! Mon jugement peut etre biaisee du fait que je n’ai regarde que le premier episode et ai decide que ce n’etait pas du tout mon genre de serie. Trop de sterotypes de “retournees de l’Afrique”, trop de cliches, trop de conversations plates, un effort vraiment trop pousse a la limite trop force de representer l’Afrique moderne from the eyes of the “afropolites”. Tout ceci accompagnee d’actrices vraiment “amateurs”. I decided not to waste my time any further. Thanks forthe review though -:)

    • Moniki
      13/07/2014 at 10:38 am

      Merci pour tous feedback Kossia. Je suis d’vis de laisser 2 épisodes à une série avant de la lâcher pour de bon. Mais en effet je ne suis pas sûre que ça aurait sauvé ton opinion sur le show. Il reste assez égal du début à la fin
      je suis honnête, je regarde de tout comme série et même des très mauvaise ( dont judge me oh, je n’y peux rien). Le scénario n’est clairement pas le point fort, les cliché et le traitementun peu trop à la surfacede certains points et dommage mais pour concurrencer les télénovelas dont on s’abreuvent, c’est pas mal comme début.
      Mon optimisme me perdra peut-être

  5. Moi
    11/07/2014 at 9:34 pm
    Reply

    Je vais être longue. J’ai regardé AAC dès le début et j’attendais tous les dimanches le nouvel épisode. Pourtant… je n’ai pas aimé cette série. J’attendais à chaque épisode que ça démarre ENFIN. L’épisode 4 sur le dédouanement m’a induite en erreur, tellement il était excellent. Je l’ai regardé minimum 5 fois et ça me fait toujours autant marrer. Et je trouve que ça, ça parle réellement.Mais le soufflé est encore retombé dès l’épisode suivant. La série n’est PAS naturelle.Les actrices ont des tics. Qu’elles ont évidemment copié sur les Américaines. Elles ne jouent pas comme elles mêmes, elles jouent comme ce qu’elles ont vu auparavant dans des films.A part la Nigériane qui s’en sort un peu mais qui est perfectible (et je n’ai jamais compris pourquoi on l’affublait de ces hideuses perruques??) Les tenues. Beaucoup se sont extasiées dessus, moi ça ne m’a pas parlé, parce que honnêtement, je ne vois pas des gens se promener en Afrique avec des robes à froufrou en dentelle every single day, comme si on allait à Ndaya International. Faut arrêter. Y a des jours où tu es en jean et débardeur pour aller faire ta course ou en tailleur normal, le pagne n’est pas à ce point porté tous les jours et de cette manière qu’ils veulent nous faire croire. Vouloir faire la promo de créateurs,c’est sympa mais j’aimerais mieux qu’on soit un poil réaliste. C’est du placement de produits pas discret. Et s’il y a une chose qui m’agace par dessus tout, c’est cette nouvelle tendance de filles qui se la jouent racines, genre je ne m’habille qu’en wax, je veux donner à mon fils un nom d’une tribu sud-africaine, avec les cheveux crépus si possible jamais coiffés et les boucles d’oreille en bois pour montrer qu’elles sont trop roots, mais qui ne sont même pas capables de comprendre 2 mots de leur langue maternelle. C’est tellement risible. Le roots c’est sur le terrain SVP. Autant s’appeler Kelly que Nana Ya et ne rien savoir de son chez-soi. Et ça m’énerve que cette série cultive un petit peu ce cliché.

    Pour le reste, je m’inscris dans la droite ligne de Kossia. En fait, tout est “too much”. Même l’accent. J’aurais beau vivre dans des pays du monde entier, quand je m’assiérais avec des compatriotes dans un coin du bled, l’accent serait au rendez-vous, même un peu. Les petites expressions aussi. Mais là c’est genre les Américaines quoi. Entre vous? Au bled? On ne se relâche pas un peu? Les conversations non plus ne sont pas naturelles. Pas forcément les sujets abordés mais plus les répliques. Quelqu’un qui a vécu à l’étranger et qui est rentré au pays peut-il me dire ici s’il a ce genre de discours avec ses copines? Y a même des moments où elles répondent toutes en chœur. Fake as hell.
    Oui, SATC est peut-être superficiel aussi… mais c’est l’original.
    Je n’ai pas apprécié non plus la malhonnêteté intellectuelle de la créatrice de la série qui fait genre “ah non, ce n’était pas intentionnel que ça ressemble à SATC. Ce sont les gens eux-mêmes qui ont fait un parallèle”. Allô? ça saute aux yeux d’un aveugle que c’est un copié-collé. Ensuite, elle dit “ouais, j’ai voulu montrer l’Afrique riche et les gens ne sont pas à l’aise avec, ils aiment le misérabilisme”. Mais tu n’as rien compris, madame. ça n’existe pas, des gens qui ont envie de ne voir que de la pauvreté en Afrique. Ensuite, elle n’est pas la 1ère à montrer des gens d’un milieu aisé mais c’est pas pour autant que les autres séries copient aveuglément des standards étrangers. On ne peut pas être original? On ne peut pas concurrencer les Américains sur leur terrain donc faisons autre chose. C’est comme les clips, c’est pour ça que j’ai aimé la maison de production Boss playa. Ce sont les premiers à avoir réussi à sortir des clips beaux mais africains, des fois avec pas grand chose. C’est ce qu’on veut, pas des pâles copies de trucs avec lesquels on ne peut pas rivaliser. Et puis, on peut savoir ce qu’elles font dans la vie? La Nana Ya elle est censée être journaliste, elle loue un appartement à je ne sais plus combien de milliers de dollars par mois+ la mercedes. ça gagne si bien que ça les journalistes, en Afrique? L’autre est au chômage mais elle mène le même train de vie que ses copines. Enfin..
    Quant aux sujet abordés, je ne trouve pas qu’ils soient variés. Y en a un seul, c’est le sexe.
    Il y a beaucoup de blablatage et très peu d’action finalement
    Il y a 2 personnages que je juge totalement inutiles dans la série, Zeinab et la métisse dont j’ai oublié le nom (la vierge). Mais surtout Zeinab. A part son éternel coca-cola sans citron, elle a déjà fait une apparition pertinente dans un seul épisode?
    En tout cas, si AAC c’est ça l’archétype d’afropolites, je ne m’y retrouve pas.

    Pour conclure, j’ai regardé Shuga il y a quelques années, c’est une bonne série, même si c’est orienté spécifiquement prévention-sida et tu verras qu’une série africaine moderne peut aussi être authentique.

    • Moniki
      13/07/2014 at 10:45 am

      J’aime les longs commentaires, surtout quand il sont riches en points de vue et informations comme le tien.
      on est d’accord sur l’épidose du dédouanement. lol à zeinab, c’est vrai il n’y a qu’une intrigue( scenette) qui l’a concerné de tout le show!!
      Le côté improbable de certaines situation est evident. La chomeuse vit sur le dos de ses parents, nana yaa s’est fait “offrir” un appart, et à part nana yaa qui a des tenus pratiques ( parfois) le reste est en effet peu probable. Mais j’avoue j’aime ce côté pas sérieux du show. Carrie avait des tenues pas croyables des fois.
      sur le fond, kossia et toi avez noté l’envie féroce de la show runner de dire: il ya des riches, éduqués en Afrique avec excès.
      On peut en effet se demander si ça ne renforce pas un cliché en ne montrant que des femmes qui ont nécessairement vécu à l’étranger. comme si en 100% local ce n’était pas possible.

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