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Americanah, une autre perspective…

Americanah, une autre perspective…

Culture et Lifestyle

Ce serait mentir que de dire que je n’ai pas apprécié Americanah. Je suis une grande fan de Chimamanda. J’aime sa plume, sa construction de pensée, ses descriptions, son style. Je suis une conquise. Bien qu’étant francophone, j’ai toujours lu ses livres en anglais pour accéder à “sa pensée” pure sans intermédiaire. J’exagère à peine. Ainsi, lorsque j’ai commencé à lire Americanah, il n’était pas question d’aimer ou pas, j’étais même sure d’adorer. Mais voilà, j’ai été un tout petit peu déçue. Le livre est très bien écrit. Il est quasi impossible de le poser avant la dernière ligne (bon un peu avant quand même : les 2 derniers chapitres m’ont paru légèrement lent/barbant). Mais voilà, je ne me suis pas sentie concernée, j’ai eu l’impression de ne pas être le public cible, comme si j’essayais coûte que coûte de rentrer dans un club/gang/cercle d’amis mais que ceux ci ne faisaient rien pour m’intégrer. Que malgré ma présence, ils continuent de parler de leurs expériences passées communes (sans mise en contexte), qu’ils font des “insides jokes”, etc. Le cercle d’amis en question étant les personnes (plus précisément les immigrants) vivant ou ayant vecu aux USA. C’est pourquoi, moi la francophone vivant à Montréal (ça m’a été utile  quand même car plusieurs concepts abordés sont plutôt “North America”) j’ai senti comme une barrière entre moi et le personnage principal comme si tout n’était pas dit; et qu’une partie de ses pensées, de ses ressentis étaient intentionnellement omis mais que les personnes notamment les immigrés américains eux pouvaient comprendre.

Les précédents livres de Chimamanda que j’ai lu se passaient au Nigeria. Je n’ai jamais vécu au Nigeria mais je suis entrée dans les livres, je me suis identifiée aux personnages, j’ai compris ce que les personnages vivaient et j’ai appris quelque chose. Pour Ifelemu (personnage principal de Americanah), je suis restée extérieure, comme si je l’observais, je l’épiais sans entrer en elle.

Malgré tout j’ai aimé le livre, même si je suis restée sur ma faim. J’ai appris des choses, comme toujours avec Chimamanda. J’ai juste cette petite pointe de jalousie de ne pas avoir pu cerner 100% de l’histoire par manque de vécu américain 😕

3 Comments

  1. Mary
    23/06/2014 at 1:12 pm
    Reply

    Hello Lamel,
    Ah ouè ? A ce point…
    Je pense bien cerner le sentiment que tu exposes… Ca ne m’est jamais arrivé pour un bouquin, mais dans certains films/séries oui.
    Par ex, An African City, j’ai pas réussi à aller au bout de la série. J’avais ce sentiment que tu exposes d’être étrangère au contexte et de ne pas réussir à m’y intégrer malgré toute ma bonne volonté.

    Ton retour est d’autant plus intéressant quand on lit la review du point de vue de Sula H, l’autre Afropolite qui a partagé elle aussi ses impressions sur le bouquin il n’y a pas longtemps

    • lamel
      23/06/2014 at 2:59 pm

      Effectivement, c’est la première fois que ça m’arrive avec un bouquin. je me suis dit que j’avais peut être trop d’attente. Sinon, pour “An african city” Je ne dis qu’il est possible que ce soit voulu, tu ne penses pas?

  2. Sadjee
    24/06/2014 at 11:04 am
    Reply

    ça fait un an que je guette désespérément la traduction française, j’espère ne pas être déçue…Merci, Lamel!

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