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Back to Black Basics : le B A – BA d’un Afro Polémiste

Back to Black Basics : le B A – BA d’un Afro Polémiste

Afrolife, Culture et Lifestyle, Histoire

A l’heure où plusieurs affichent l’ambition (noble) d’être des afro-polémistes accomplis, voire des militants chevronnés de la cause noire, nous pensons qu’un minimum de connaissance est souhaitable.
Nous avons (humblement) sélectionné, ci-après, une dizaine d’œuvres que nous considérons indispensables ou du moins essentielles pour construire une certaine épaisseur intellectuelle et ajouter sa pierre à l’édifice qu’ont initié nos illustres prédécesseurs.


Anta Diop NationsNations Nègres et Culture – Cheikh Anta Diop

« De l’antiquité nègre égyptienne aux problèmes culturels de l’Afrique noire d’aujourd’hui »
Livre devenu indispensable alors qu’à sa sortie en 1954, les thèses développées semblaient tellement inédites que peu d’intellectuels africains osaient les évoquer.
Au-delà d’une volonté de corriger l’histoire véhiculée par les vainqueurs, l’auteur introduit des propositions en vue du développement du continent noir, propositions encore pertinentes plus d’un demi-siècle après : la création d’un état fédéral africain, notamment.
Ce livre est dense, pas forcément le plus facile à lire, mais accéder à la connaissance n’a pas de prix.


Fanon Peau Noire

Peau noire, masques blancs – Frantz Fanon

Dans le contexte de la décolonisation, l’auteur (psychiatre) nous livre une critique scientifique des impacts de la colonisation. Impacts sur la psychologie du « Blanc enfermé dans sa blancheur » et du « Noir dans sa noirceur ».
Cette analyse lucide reste encore très pertinente de nos jours. Le texte est parfois complexe et demande de connaitre un peu d’autres classiques du genre.


Cesaire Discours

Discours sur le colonialisme – Aimé Césaire

Véritable bible des militants anticolonialistes à l’époque, ce texte majeur condamne point par point ce totalitarisme de bon ton qu’est le colonialisme. Il n’hésite pas à le comparer au nazisme.
Au milieu des années 90, il sera retiré des programmes par François Bayrou, alors ministre de l’éducation, après qu’un député se soit offusqué qu’une œuvre pareille soit étudiée par les terminales.


Climbie Dadie
Climbié – Bernard Dadié

Publié en 1956, ce premier roman ivoirien permet de suivre l’histoire simple d’un jeune africain né à l’époque de la colonisation. Il traite de thèmes essentiels tels que la préservation de l’héritage traditionnel face à l’éducation dite moderne (forcément occidentale), la dénonciation du système coloniale, la lutte pour l’indépendance et l’égalité.
La grande force de cette œuvre est de nous immerger en profondeur dans cette époque de l’Afrique coloniale française, qui a vu jaillir une nouvelle conscience politique des opprimés.


Kourouma Attendant

En attendant le vote des bêtes sauvages – Ahmadou Kourouma

Nous plonge dans le quotidien de certains pays juste après les indépendances, avec l’évocation imagée d’un dictateur, figure type de bon nombre de dirigeants qu’on reconnaitra.
Cette fable est incontournable pour appréhender, entre autres, la trahison des élites africaines arrivées au pouvoir, les manipulations de « l’ex-colonisateur » et l’importance de l’animisme !
L’écriture atypique semble retranscrire en mots français la langue maternelle de l’auteur : la vision du monde, la logique issue de la tradition.


Sembene Bois

Les bouts de bois de Dieu – Sembene Ousmane

Le récit de la grève de 1947 qui voit 20 000 cheminots de la ligne Dakar-Bamako affronter l’administration coloniale. Pourquoi ? Arracher l’égalité des droits entre travailleurs africains et européens. Ce conflit brutal a marqué une mutation dans le rapport des colonisés aux colons.
Ecrit avec humour, l’auteur fait preuve d’une force narrative impressionnante. Il nous permet de nous rendre compte de la souffrance qui accompagne souvent la résistance à l’oppression (chantage économique, coupure d’eau, épuisement des ressources, divisions…).


Achebe Monde

Le monde s’effondre (Titre original : Things Fall Apart) – Chinua Achebe

Ou comment la colonisation vient faire basculer la vie d’un village Igbo. Ce roman de 1966 nous livre une description exceptionnelle de ce qu’était la structure sociale, la logique culturelle de son peuple et comment ses traditions ancestrales ont volé en éclat au contact de la colonisation. L’implantation des missionnaires chrétiens en premier. Le thème de la religion est abordé avec une rare profondeur, au travers de l’affrontement entre christianisme et animisme.
Ce chef d’œuvre vaut par l’originalité du point de vue d’un « lion » qui raconte l’histoire d’une chasse, sans pour autant affirmer qu’avant tout était mignon.


Oyono Boy

Une vie de Boy / Le vieux nègre et la médaille – Ferdinand Oyono

Ces romans assez courts sont aujourd’hui des classiques et constituent un cinglant réquisitoire contre le colonialisme.
Une vie de Boy : ou comment un jeune noir est amené à découvrir, au travers des personnes qu’il sert l’hypocrisie des occidentaux.
Le vieux nègre et la médaille : manie l’humour jusqu’à faire rire jaune. Le propos éclaire l’injustice de l’époque mais interroge, encore aujourd’hui, les rapports entre les occidentaux et les noirs africains.


Adichie Americanah

Americanah – Chimamanda Ngozi Adichie

La femme noire Africaine dans un monde post colonial, post moderne… mais qui est confrontée aux mêmes problématiques qu’il y a 50 ans. Le récit transporte l’héroïne du Nigéria aux Etats-Unis avant son retour en terre natale.
Au-delà, ce livre nous parle d’identité : quand on se découvre « noir » pour la première fois, en plongeant dans un monde blanc. Quand on doit trouver sa voie entre s’intégrer, s’occidentaliser ou se revêtir de son héritage.


Adichie Americanah

Haley Roots Herbstein Ama Gyasi Homegoing

Racines (Titre original : Roots) – Alex Haley | Ama, a story of the Atlantic slave trade – Manu Herbstein | Homegoing – Yaa Gyasi

Il faudrait lire ces trois livres en même temps, tant ils mettent en lumière plusieurs facettes de l’épouvantable commerce triangulaire. Ils sont assez complémentaires.

« Racines » est le plus connu et rend bien l’horreur de l’esclavage. Le travail d’investigation de l’auteur sur 7 générations (deux siècles) est phénoménal. Pour un devoir de mémoire !

« Ama, A story of the Atlantic Slave Trade » explique la psychologie du monde qui a créé cette possibilité d’esclavage. Le récit rend clairement la subtilité des rapports entre les différents protagonistes en présence sur ce bout de terre africaine au 14eme siècle : Ama est prise d’une petite tribu tout à fait au Nord du Ghana… qu’une autre ethnie plus puissante utilise pour payer ses tributs au roi Ashanti.

« Homegoing » traite des implications de l’esclavage sur des populations, présentes sur différents continents, plus 6 siècles après le début des traites.


Pour aller plus loin…

Coups de cœur
– The souls of Black Folk – W.E.B DuBois
– Un piège sans fin – Olympe Bhêly-Quenum
– Soundjata ou l’épopée mandingue – Djibril Tamsir Niane
– L’enfant noir – Camara Laye
– La belle histoire de Leuk-le-lièvre – Leopold Sedar Senghor

Colonialisme et indépendances
– Jazz et Vin de palme – Emmanuel Dongala
– Tribaliques – Henri Lopes
– La carte d’identité – Jean Marie Adiaffi
– Les Soleils des indépendances – Ahmadou Kourouma

Esclavage, déportations, afro-diaspora
– Kindred – Octavia E. Butler
– Rush Home Road – Lori Lansens
– Sula – Toni Morrison
– La Conversion (Go Tell It on the Mountain) – James Baldwin

 

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