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Choconialisme

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Opinion

L’information a fait la une pendant 3 secondes en France. Il faut dire que entre la “crise” ukrainienne, la vengeance de Valérie, et la décapitation d’un journaliste au Levant, la presse a fort à faire.

Revenons donc sur une information qui mérite un peu plus que 3 secondes :

Lundi 1er Septembre, le CRAN ( Conseil Représentatif des Association Noires) a porté à la connaissance de tous un fait atterrant:

“ la chocolaterie Grégory Féret à Auxerre (Est de la France) vend régulièrement “le Bamboula, biscuit chocolaté et le Négro, pain d’épices chocolaté fourré”, le packaging de ces deux friandises reprenant qui plus est l’imagerie coloniale traditionnelle…”

La suite ici et petit article informatif

En effet, si nous avions un doute sur l’imagerie associée au produit…

 

 

Du racisme en France ne surprend personne. Mais ce qui surprend c’est le fait qu’avant le communiqué personne n’avait jugé bon de faire remarquer à cette charmante chocolaterie, le racisme ouvert de son packaging.

Chose encore plus surprenante, le chocolatier écoule son produit depuis 2009 !!!! Les bras m’en tombent. Et tenez vous bien, la chocolatière indique que c’est un produit qui se vend bien : «On a un succès fou. J’en expédie dans toute la France et je n’avais jamais eu de souci avant hier après-midi»

Ben oui!! pourquoi arrêter un produit qui marche ? qui a trouvé sa cible et ses clients ? ça se vend bien !!

J’imagine bien une belle petite famille qui voterait selon les résultats des dernières élections européennes -Très à droite- dont les membres au moment du café se proposent du bamboula ou du négro.

Cette affaire est on ne peut plus navrante. Je ne sais pas ce qui me choque le plus : le fait qu’un tel produit existe depuis si longtemps sans faire de vagues ou le fait que la chocolaterie assume avec une mauvaise foi évidente son nom de produit.  Le commerce a en effet expliqué sur sa page Facebook qu’il s’agissait là de spécialités auxerroises vieilles d’un siècle (oui m’dame bien avant votre pseudo CRAN!!!), conçues à l’époque pour «rendre hommage» aux tirailleurs sénégalais blessés durant la guerre et à une danse africaine (s’il vous plaît!).

“Les auteurs ont choisi ce nom qui s’inspire du Rio Negro c’est-à-dire des sacs de cacao qui arrivaient de Venezuela et de Colombie à destination d’Auxerre. C’est en quelque sorte une métaphore pour exprimer le courage et la volonté des Sénégalais.”  Mais bien sûr!!  le Sénégal, le Vénézuela, la Colombie tout ça va très bien ensemble et justifie le terme Negro!! Il y a comme un souci de géographie chez ces gens.

Je suis certaine que les tirailleurs avaient le même look que les personnages sur l’emballage, une ceinture de feuille, une peau ébène et une bouche bien rouge et ronde. Dans les tranchées de la grande guerre et de la deuxième, ça faisait sûrement son petit effet !!!

“ De plus, le Bamboula est le Nom d’une ancienne danse africaine qui est arrivée en France, cette danse a inspiré beaucoup de gens, elle s’est répandue dans le pays et les auteurs du Bamboula ont désiré rendre hommage aux cultures que les africains nous ont apporté en France.” Qui ici a déjà entendu parlé d’une danse africaine appelée Bamboula ?? sérieux!!!  Je demanderai au Docteur TR , il s’y connaît en culture musicale.

C’est sûrement une danse si ancienne que plus personne ne la danse en Afrique ni même ne s’en souvient !!! Heureusement, la chocolaterie Féret est là pour en perpétuer la mémoire, sur un emballage de chocolat…un petit synopsis des pas de danse aurait été le bienvenu. Simple suggestion.

La chocolaterie a décidé, «pour calmer le jeu», de changer le nom de ses produits, dès que possible. Mardi, elle les avait déjà retirés de sa vitrine.

Quelle délicate attention! Je me demande bien ce que les amateurs de négros et bamboula vont bien pouvoir déguster avec leur café. Ben oui, il faut penser aux consommateurs, même si ils se nourrissent de haine.

Moi je pense à eux, très fort…

Être Afropolite en terre Européenne réserve son lot d’événements de ce genre. Et comme le note le CRAN, “On assiste à un revival de l’imagerie coloniale la plus nauséabonde”

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