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OBV (Orange Blanc Vert) is the new black

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Afrolife, Arts et entertainment, Culture et Lifestyle

Côte d’ivoire is back, c’est l’idée qui m’est venue à l’esprit de donner comme titre à cet article, au fur et à mesure que je couchais sur papier les quelques lignes qui suivent.

Chères lectrices, chers lecteurs, chers internautes,

Par ces quelques lignes je voudrais vous raconter mon expérience lors de mon passage à la 53e édition du SIA 2016 (Salon International de l’Agriculture) qui se tient actuellement au parc des expositions à Paris, et particulièrement ma visite du stand de la Côte d’Ivoire.

Après quelques hésitations car n’étant pas rompu à l’exercice de rédaction, j’ai tout de même tenu à saisir ma plume aujourd’hui (bon en réalité mon clavier) pour vous partager les sentiments si débordants qui m’ont animé durant ma visite de ce stand, tant l’expérience fût riche.

En effet la participation de la Côte d’Ivoire à ce rendez-vous international de l’agriculture à Paris relève « d’une tradition » et remonte à « une décennie » selon le ministre de l’agriculture, Mamadou Sangafowa Coulibaly. Mais à titre personnel je ne suis qu’à ma deuxième édition en tant que visiteur, bien entendu au salon international à Paris. Car durant mon enfance, mon père qui est du domaine nous emmenait mes frères et sœurs et moi, voir les quelques éditions du SARA (Salon de l’Agriculture et des Ressources Animales) qui se sont tenues à l’époque à Abidjan dès 1997. Je suis donc habitué à participer à des Salons de l’Agriculture et j’avoue particulièrement aimer cela. Cependant du fait des crises successives qu’a connues la Côte d’Ivoire le SARA a connu une longue période d’interruption.

Puis des années plus tard installé à Paris, c’est avec grand plaisir que j’ai découvert le Salon International de l’Agriculture de Paris (SIA). Salon auquel participe d’ailleurs la Côte d’Ivoire. Comprenez la joie et l’enthousiasme qui m’ont alors animé lorsque je participais pour la première fois au SIA de Paris en 2015 à l’idée de visiter le stand de mon pays, la Côte d’Ivoire.

DanseurBalafon

Tellement enthousiaste que j’ai invité une amie caucasienne à venir avec moi, tout en lui disant ce qu’elle pourrait découvrir de beau dans ma culture. J’ai “trop tchatché” (surenchérir) à cette amie-là comme on le dit chez moi. Mais oui ! Comment ne pouvais-je pas tant “tchatché”? Ne dit-on pas que « les Ivoiriens ont trop bouche ? » (Comprenez par-là « une grande gueule »). Je me disais pendant que nous étions en chemin qu’il y aurait certainement une palette de belles choses afin de montrer toute la richesse culturelle de la Côte d’Ivoire, plein de bon mets à déguster, plein de couleurs pour égayer le stand, plein de rythmes et tout le folklore pour me remémorer le temps d’une journée le pays profond… mais que nenni !

Lorsque que nous sommes arrivés mon amie et moi sur place, c’est avec une grande déception que j’ai pu découvrir ce qui était proposé sur le stand. La première chose qui m’a frappé ce jour-là était la froideur avec laquelle nous avons été accueillis. Froideur des hôtes et hôtesses d’accueil. Manque de professionnalisme des exposants qui passaient leur temps à causer entre eux plutôt qu’à s’occuper des visiteurs. J’ai pu voir de mes yeux et entendu de mes oreilles des exposants qui s’afféraient à parler de leur tourisme qu’ils allaient faire à Paris plutôt qu’à soigner l’image qu’ils renvoyaient de la Côte d’Ivoire. Aussi il n’y avait pas de dégustations de mets. Et lorsque nous avions fini de consommer une petite quantité de café qui visiblement était destiné à la dégustation des visiteurs, je me suis vu réclamer de l’argent pour ce qu’on venait de consommer alors que cela n’avait pas été annoncé à l’avance. Je doute aujourd’hui encore de la destination de cet argent qui m’a été réclamé…Bref ! La cerise sur le gâteau c’était de me voir lancer à la figure : « vous les ivoiriens de Paris là même, vous voulez dire quoi ?! » par un agent du stand me reprochant ainsi le fait de m’être vêtu ce jour-là d’une belle écharpe “kita” (étoffe ethnique) alors que la logique aurait voulu que ce soit lui qui en porte. C’était vraiment le monde à l’envers.

DansesTam tam

Nous avons fini par quitter le stand mon amie et moi, mais j’étais profondément déçu de cette expérience que je venais de vivre sur le stand de mon pays car souvenez-vous j’ai “trop tchatché”. Dégoûté davantage car il faut le noter la Côte d’Ivoire disposait du plus grand stand en superficie et de la logistique la plus fournie parmi les pays Africains présents sur le pavillon 5 du parc des expositions de paris. Il était clair que l’état avait mis les moyens mais vu le résultat je me suis dit quel gâchis ! J’ai pris congé non sans avoir fait des reproches et part de ma profonde déception à un hôte d’accueil. J’imagine ne pas être le seul à avoir vécu une si mauvaise expérience ce jour-là.

Un an plus tard lors de l’édition 2016 de ce même salon de l’agriculture, je me suis rendu à nouveau sur le stand de la Côte d’Ivoire toujours avec la même amie ce mercredi 02 mars. Et là grande fut ma surprise car j’ai pu voir un stand transformé qui n’avait rien à voir avec ce qui m’a été donné de voir une année plus tôt. En effet il était proposé aux visiteurs une animation ludique avec différents chants et danses du pays profond. Des griots et percussionnistes dont eux seuls avaient le secret du son faisaient danser les visiteurs au rythme de leurs instruments. J’ai également pu voir des danseurs aguerris esquisser des pas de danse habiles pour le plus grand bonheur des visiteurs qui se sont volontairement prêtés au jeu. Il était agréable pour moi de constater que la culture de la Côte était vraiment représentée.

TabouléEn plus de ces notes de musique, étaient également proposées d’autres notes cette fois sucrées et salées. De fait une dégustation de nombreux mets était proposée. J’ai ainsi pu voir défiler sur des plateaux et ce tout au long de la journée le traditionnel alloco, le vrai ! Les pastels au poisson n’étaient pas en reste. Eux aussi on fait le bonheur des palais. J’ai à l’occasion redécouvert l’attiéké national dans une composition avec des fruits de mer que je n’aurai jamais imaginée : le taboulé !

En ce qui concerne les notes sucrées les “gboflotos” (beignets sucrés) ont fait leur apparition ainsi que de nombreux fruits frais à la découpe (ananas, mangue, banane). Une fontaine de chocolat montée déversait en quantité du bon chocolat fondant. Chocolat avec lequel on pouvait recouvrir ses morceaux de fruits.
Chocolat

 En plus de ces délicieux mets il était également proposé aux visiteurs de déguster du bon “bandji” (vin de palme), ainsi que de la liqueur de “bissap” (fleur d’hibiscus) et “gnamankou” (gingembre). Les animations ainsi que les douceurs proposées étaient telles que le stand de la Côte d’Ivoire a volé la vedette aux autres pays qui avaient leur stand à proximité. Ainsi j’ai pu voir les délégations du Sénégal et la représentante du Maroc se succéder sur le stand de la Côte d’Ivoire tant celui-ci était chaleureux. Un monsieur originaire du Congo RDC avec qui j’ai discuté m’a lancé Boutiquececi : « la Côte d’Ivoire représente bien l’Afrique aujourd’hui. »

De plus avec une superficie plus grande que lors de l’édition 2015, le stand comptait parmi ses innovations un espace boutique, où l’on pouvait se procurer divers produits tant alimentaires que cosmétiques du terroir : djoumblé (poudre de gombo sec), gnangnan (race spéciale d’aubergine), poudre de crevette et poisson, liqueur de bissap, attiéké, mil, confitures, beurre de karité etc.

Après plusieurs heures passées sur le stand, nous avons finalement mon amie et moi quitter le stand avec cette fois une grande satisfaction et je me suis dit que les critiques de l’édition 2015 avaient certainement été entendues. J’étais fière de ma culture, fier de mon pays, fier ivoirien…  Ananas

Cosmétiques

C’est le lieu de féliciter les autorités ivoiriennes pour les efforts consentis en vue de permettre à la Côte d’ivoire de retrouver une place de choix sur l’échiquier international, et de les encourager à en faire davantage car oui, il reste encore du chemin.

Pour de vrai chères lectrices, chers lecteurs la Côte d’Ivoire est de retour à l’échelle internationale. Côte d’Ivoire is back.

Amis franciliens de tous horizons, si vous en avez l’occasion faites un tour au SIA 2016 (dépêchez-vous le salon prend fin le 06 mars) vous ne serez vraiment pas déçus. Et au passage visitez le stand de la Côte d’Ivoire au pavillon 5.2, vous y passerez certainement un bon moment.

SemaCI

Credit photos : Sema, mercredi 02 mars 2016, Salon International de l’Agriculture.

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