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Entrepreneurs pour un monde meilleur !  Partie 2 : L’eau

Entrepreneurs pour un monde meilleur ! Partie 2 : L’eau

Afrobusiness, Afrolife

Je me souviens de la première fois où j’ai dû aller chercher de l’eau au marigot dans lequel s’ébattaient joyeusement les crabes que j’allais manger la saison suivante. Déjà réussir à mettre l’eau dans le seau sans y mêler la terre et les dits crabes, c’était quelque chose. Ensuite remonter à travers la forêt jusqu’à la maison, attaquant des pentes à 45° c’était autre chose. Et contempler cette eau se décanter dans le tonneau pendant trois jours, en se disant que je pourrais boire de l’eau propre quand serais rentrée à la ville, puis craquer le troisième jour, si près du retour, parce que la soif là, ce n’était plus possible. Tout ça, ce n’était rien. Mes cousines au village vivaient ça tous les jours, et  à un moment tu n’as pas le choix, tu bois ce que tu peux.

Le problème de l’approvisionnement en eau potable ne se présente plus, et peu importe que ce soit la réalité quotidienne de millions de familles, personne ne devrait avoir à vivre cela. C’est avec beaucoup d’espoir que je découvre régulièrement des entrepreneurs qui cherchent des solutions et proposent des alternatives efficaces. Nous  avons tous entendu parler des puits et autres forages creusés un peu partout, au journal télévisé de la télévision nationale ou dans les faits d’armes de telle ou telle ONG. Le problème est que ces solutions ne sont pas échelonnables à grande échelle. Une ONG dépendra toujours de dons, et le temps que les gouvernements les plus pauvres (ou corrompus) aient assez de moyens pour construire un forage dans chaque village, nous serons en 2100. C’est pourquoi je milite pour l’entrepreneuriat social: il faut que les “actions de développement” puissent générer assez de fonds pour se soutenir elles-mêmes économiquement.

Mon coup de cœur, ce sont les calebasses purificatrices d’eau. Coup de cœur déjà parce que cette initiative est née en Afrique, en Ouganda, et coup de cœur enfin à cause de sa simplicité, de son faible coût, de sa longévité,  de sa capacité à atteindre rapidement une grande échelle, et enfin de sa totale intégration avec les habitudes locales. Il s’agit simplement d’une calebasse en poterie qui contient de l’argent et des micropores dans ses faces intérieures. Lorsque qu’on y entrepose de l’eau, l’argent détruit 90% des bactéries.

Source : spoutsofwater.org
Le principe de fonctionnement des pots Purifayaa.

La deuxième entreprise qui retient mon attention est Jibu. Le système consiste à fournir des kits de purification à des revendeurs d’eau. Chaque revendeur agréé dispose de son matériel qu’il peut racheter au bout d’un certain temps. Il remplit le dispositif avec de l’eau issue des points d’eau locaux, et revend l’eau pour quelque cents. S’il a du succès, il peut ouvrir d’autres points. L’avantage de ce système est qu’il est très encadré de sorte à amener l’eau à ceux qui en ont le plus besoin. Il existe aussi des systèmes plus sophistiqués pour ceux qui ont un peu plus de moyens, il s’agit de véritables mini centres d’épuration. Si vous en avez les moyens, pourquoi pas?
Regarder la vidéo ici : https://youtu.be/UekJy1V7XJ4

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Une jeune fille se sert un verre d’eau à une fontaine Jibu

Enfin, bien plus simple que les deux premiers, découvrez Wello. Wello est un moyen de transporter de plus grandes quantités d’eau sur de grandes distances. Ce petit gallon roulant en plastique permet non seulement de gagner du temps en réduisant le nombre de trajets pour aller chercher de l’eau, mais encore de gagner de l’argent en revendant le surplus, pour seulement 25 dollars et une longévité de 10 ans. O comme j’aurais aimé l’avoir à l’époque où nous remplissions les jerricans en vue des coupures intempestives de la Camwater!!!

wello
Le gallon roulant Wello.

Tout cela c’est bien beau, mais ce qui serait juste parfait, c’est que chacun puisse avoir accès à l’eau courante chez lui… Et surtout que les eaux usées puissent être traitées, car comme nous allons le voir dans l’article consacré aux déchets, ce n’est pas toujours, enfin, presque jamais le cas. Des volontaires pour se creuser le cerveau et proposer des super solutions au problème de l’approvisionnement en eau dans le monde ?

Kimia Obiriga

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