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J’ai lu Debout-payé

J’ai lu Debout-payé

Culture et Lifestyle

Résumé 

Debout-payé kézako?

C’est le roman d’Ossiri, étudiant ivoirien devenu vigile après avoir atterri sans papier à Paris en 1990.

C’est un chant en l’honneur d’une famille où de père en fils, on devient vigile à Paris, mais aussi en l’honneur d’une mère et de la communauté africaine avec ses travers, ses souffrances et ses différences.

C’est l’histoire politique d’un immigré et de son regard sur la France, à travers l’évolution du métier de vigile de la Françafrique jusqu’à l’après 11-Septembre.

C’est enfin le recueil des choses vues et entendues par l’auteur lorsqu’il travaillait comme vigile au Camaïeu de Bastille et au Séphora des Champs-Elysées.

Une satire à la fibre sociale et au regard aigu sur les dérives du monde marchand contemporain, saisies dans ce qu’elles ont de plus anodin et de plus universel

Revue personnelle

J’ai lu ce roman en une soirée, je précise que je suis une maman débordée, donc ce détail vaut son pesant d’or, chers Afropolites. Debout-payé vaut même le double challenge de lire debout ou assis, isolée dans la salle de bain, et rigoler aux grands éclats sans réveiller bébé.

Je vais en faire une revue simple, brève et passionnée. Voici ce que j’en pense de ce premier roman de l’afro-écrivain Gauz.

J’ai sincèrement apprécié Débout-Payé car je me suis sentie concernée dès la première ligne jusqu’au point final de cette oeuvre. Je me suis imprégnée de chaque mot, chaque idée, chaque sens de ce livre satirique tout le long de sa lecture.

Pourquoi ai-je tant aimé Debout-payé?!

Peut être parce que je suis afropolitaine, née en Afrique, vivant ailleurs, ici et là en France ou en Angleterre, au gré des circonstances de cette vie humaine. C’est peut-être à ce titre que j’ai saisi aussi bien toutes les gouttes de la vie d’Afrique dépeinte que celles de l’Europe, de la France, en tant qu’immigrée. Une vraie immigrée, sortie de sa Côte d’Ivoire natale, débarquée en France pour un peu faire de “hautes” études et surtout grandir, s’évader… un peu comme Ossiris.

Ben oui! Je me suis souvenue de toutes ces galères estudiantines, de ces imbroglios administratifs, de ces humiliations policières et pas que, de toutes mes peines d’immigrée jeune et naïve. Avec Debout-payé, je n’ai pas manqué non plus de pleurer de rire ; ces morceaux de fous rires uniques, qui traversent la pièce réelle et transposent à du vécu plus ou moins récent. Ce livre est super drôle, je vous assure!

En tant qu’afropolite, j’ai eu l’impression qu’on décrivait exactement mon ressenti sur tel ou tel sujet d’immigrée africaine, de citoyenne française, de jeune femme moderne, avide ou raisonnable consommatrice selon les jours. Il parait qu’il reste quelques jours avant la fin des soldes, triple hum 🙂 !

En lisant Debout-payé, j’ai eu honte des travers de notre société contemporaine, des injustices si malsaines, j’ai ressenti de la colère suivant les pages, de la peur, de la malice, de l’hypocrisie, du sourire moqueur ou sincère, de l’intelligence. En bref, je suis passée par toutes les couleurs de l’arc en ciel, nonobstant mon teint chocolat nègre.

Sur le plan intellectuel et des émotions, du style d’écriture, de la langue tonitruante et du récit mi poétique, mi saccadé,..j’étais ravie. En tout cas, c’est un livre que j’ai aimé et que je recommanderais volontiers à tous les amoureux d’Afrique, à ceux qui vivent entre l’Afrique et l’Europe, ou qui aimeraient entrevoir grâce à ce livre, ce qu’est la vie afropolitaine telle que nous l’avons vécue, la vivons ou continuerons à la vivre en France.

De plus, à travers Debout-payé, j’ai pu découvrir d’autres pans de ma culture africaine,  vivre les années 70-90 en France et en Afrique ou françafrique. J’ai admiré l’afrocentrisme, j’ai épié toutes les catégories sociales et bien sûr, j’ai pu entrevoir le métier de vigile. Ca y est, devant un Séphora ou en parlant à un vigile, je pense Debout-payé lol ou tchip! succès garanti, Mr Gauz :)!

J’ai également apprécié de connaitre d’autres façons de faire autour de moi. Et c’est pour cela que j’aime autant les livres, en restant sur place et en se dispensant de billet d’avion et de toute organisation de voyage, on peut faire des bonds de géant et d’immersion dans la culture, le pays, la ville, le boulot, la vie d’inconnus familiers.

Merci Gauz pour ce plaisir littéraire!

 

Roman édité par Le nouvel Attila en Août 2014.

 

2 Comments

  1. Mary
    03/02/2015 at 10:03 am
    Reply

    Hello
    J’ai prévu de le lire. Je n’en lis que de bonnes review, dont celle-ci.
    Merci Eve Keidi 😉

    • Keidi
      07/02/2015 at 3:39 pm

      Hello Mary,
      je suis sûre que tu apprécieras le livre 🙂

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