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#JeSuisParis….#JeSuisEnTerrasse…

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Opinion

Le maelstrom de pensées que j’ai en ce moment…Pas très ordonné, pas très cohérent sûrement…

Dernières heures du dernier jour de deuil en France suite à ce sale weekend que l’on vient de passer. J’essaie d’analyser mes pensées, de comprendre mon état d’esprit en ce moment. Depuis vendredi nuit j’ai l’impression d’être dans un état second…De faire les choses mécaniquement, machinalement.

Cette fois ci, contrairement au 7 janvier, je n’ai pas pleuré. J’avais la tête lourde, il m’était impossible de dormir cette nuit là, mais j’avais les yeux secs. Terriblement secs..
Contrairement au 7 Janvier où je n’avais pas envie de manger, je me suis levée, ai pris 2 bananes et demi, me suis fait de l’alloco que j’ai accompagné d’œuf bouilli et de sardines. Puis je suis allée au Franprix faire des courses car je tenais à acheter les légumes pour le riz au poisson que j’avais planifié pour le dimanche pendant le courant de la semaine. Dimanche apm j’étais dehors. Pas dans Paris mais j’étais dehors….

Et pourtant, ce qui est arrivé aux autres aurait pu m’arriver…J’étais comme en général les vendredis soirs dehors. C’est la fin de la semaine et à moins d’avoir un truc à faire tôt le samedi, je ne rentre pas directement chez moi. A la première occasion, que ce soit une invitation dans un restaurant dans Paris, une sortie spectacle, ou à défaut le ciné je suis dehors. Et au moment des faits, j’admirais suite à un spectacle au Théâtre Levi Strauss du Musée du Quai Branly, la vue que m’offrait Paris. Comme chaque fois, breathtaking. La dame de fer qui brillait de ses milles feux, la Seine, les bâtiments…etc. Et j’étais heureuse d’être à Paris, cette ville que j’aime à n’en point douter. Qui chaque jour me surprend par une facette que je n’avais pas encore décelée jusque là.N’ayant pas idée du drame qui se jouait dans les arrondissements voisins. Un peu alarmée par les voitures de police qui roulaient à toute vitesse. Ou les voitures de pompier qui filaient aussi. Me disant comme à chaque fois quand j’entends ces sirènes, mon Dieu aie pitié des personnes en détresse en ce moment.
Et j’étais dans le train me ramenant à la gare de ma ville quand par hasard sur Facebook j’apprends ce qui est entrain de se passer. L’horreur, la stupéfaction, et la peur. Pressée j’étais de franchir le pas de ma porte.

Mais le lendemain après la nuit sans sommeil (endormie seulement vers 4h) je me suis levée et ai fait mon ménage. En regardant par la fenêtre, j’ai vu un quartier d’un calme peu habituel. Ayant vu des gens circuler, avec leur sac de courses, je me suis dit que j’allais leur emboîter le pas….

Ma sœur de l’autre cote de l’Atlantique me disait : Terrible. Les gens vivent normalement, malgré le drame.
Moi : eh oui, c’est la vie.
Elle : The new normal….

C’est ça le danger, si c’en est un. Le fait que ce genre d’événements devienne “normal”. Constitue un épisode ordinaire de la vie.
La veille du drame parisien, c’était Beyrouth au Liban… Une semaine avant c’était l’explosion d’un avion russe avec plus de 200 personnes à son bord. Entre temps on a eu plus de 100 morts en Turquie, on ne compte plus le nombre de morts au nord du Nigeria, au Niger, au Cameroun. Et la liste est loooooongue.
A un moment ce weekend, alors que j’agissais machinalement, j’avais certaines pensées. Moi qui ai toujours voulu d’une famille, mari enfants, chat etc, je me suis retrouvée à penser, “mouais bon, si ça ne se fait pas depuis, c’est peut être pour une bonne raison au final… Tu ne sais même pas si tu pourras vivre suffisamment longtemps. Et cela sert à quoi d’avoir un enfant dans un tel chaos où chaque pas que tu fais tu as peur qu’un demeuré, un illuminé qui n’a rien compris, qui s’est laissé embourber le cerveau décide que tu représentes tout ce qu’il déteste et te tue ? A quoi ça sert? Le monde va trop mal…”
Et là, je me ressaisis : en fait, le monde n’a jamais été dans une totale accalmie. Longtemps plus jeune, il m’arrivait de me poser et d’examiner l’état du monde. Et parfois je notais un jour, une semaine d’accalmie. Mais quelque temps après, un autre foyer de tension naissait. Bref, ca n’a jamais été meilleur en fait. C’est juste que c’est désormais très très proche de nous et plus probable.

Et donc l’espoir renaît en moi.Et quelle plus belle preuve d’espoir qu’une femme enceinte, que des enfants conçus même dans des coins où la mort est au coin de la rue?

Tout ça pour dire que je continuerai à vivre. Autant que possible. A rigoler, à sortir, même si cela enrage des hurluberlus qui s’arrogent le droit de décider de la vie ou de la mort d’autrui….

Je continuerai de vivre car #JeSuisParis.

 

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