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La Journée de la femme Afropolite

La Journée de la femme Afropolite

Opinion

Il était impossible de ne pas parler de la journée de la femme célébrée le 8 mars sur The Afropolite.
Face à cette journée mondialement reconnue, la perception des membres de la rédaction est loin d’être homogène. Nous partageons avec vous quelques unes de nos réflexions.

L’avis de Sika

Je ne vais pas vous nier que l’exercice est difficile pour moi. Parce que je me rends compte que je ne me suis jamais réellement posé la question. Chaque année, j’en entends parler vite fait dans les médias, ou parfois dans des blagues que je qualifierais de sexistes. Et puis après cette journée est oubliée, on passe à autre chose. Je me rends compte que j’ai toujours été plutôt indifférente. Peut-être parce que j’ai eu la chance dans ma vie d’avoir avancé sans que mes ambitions n’aient jamais été remises en cause du fait de mon sexe ?

Mais maintenant que j’y réfléchis sérieusement, je ne peux que louer cette initiative. C’est au moins le moment de se poser, de faire un bilan, de rappeler à chacun(e) de nous, aux dirigeants de ce monde, qu’il y a encore trop d’inégalités dues au genre, encore trop de droits que je qualifierais de basiques refusés aux femmes (en 2015 les femmes saoudiennes n’ont toujours pas le droit de conduire !), trop de violences subies par les femmes (dans certains pays du Maghreb, les femmes qui osent sortir seules un peu tard sont harcelées et je n’ose même pas parler des zones de conflits où c’est juste l’horreur pour des millions de femmes avec les crimes de viol..), toujours trop peu de femmes au parlement français par exemple, trop peu de femmes dans les conseils d’administration des grandes entreprises…Et la liste est longue, trop trop trop longue….

La “célébration” de la journée de la femme est la preuve qu’il y a encore MALHEUREUSEMENT de nombreuses raisons qui la justifient. Mais justement, elle reste nécessaire car elle permet de nous maintenir “aware”  du travail que chacun(e) a à faire à son niveau quelque soit sa position dans l’échelle sociale, que ce soit via l’éducation que nous donnons à nos enfants ou via le texte de loi qui imposera la parité dans les conseils d’administration 😀 .

Un mot de Lamel

L’an dernier, je me suis prêtée à l’exercice de la journée de la femme ici même sur afropolite. Une année est passée et je pense toujours la même chose. Oui cette journée a tout son sens et toute sa place. Tant que l’on s’exclamera lorsqu’une femme sera nommée députée, ministre, sénatrice, première ministre, chancelière, PDG et j’en passe… Tant que le genre fera l’objet de commentaire quel qu’il soit ou juste qu’on se sente dans l’obligation de le préciser… oui on se devra de marquer la journée de la femme.

L’opinion de Moniki 

Je sais que ce n’est pas très politiquement correct ni très solidaire, mais je dois avouer que la journée de la femme m’ennuie. Que ce soit en Europe où je vis ou au pays, j’ai toujours en tête et sous les yeux les mêmes sujets qui passent en boucle. On doit se partager entre les récupérations commerciales d’enseignes, les célébrations  façon “fêtes de la femme” qui flirtent souvent avec le concept de fête des mères et son cortège de commentaires/initiatives un peu romantico-paternalistes de beaucoup d’hommes et des célébrations façon lutte pour les droits des femmes! Il s’agit souvent de dénoncer sa situation de victime et on a au choix:

  • en France : les sujets sur la différence de salaires hommes-femmes de plus de 20% à travail égal, les inégalités face aux taches ménagères dans les couples, le chômage des femmes et le travail partiel forcé, les mères célibataires et leur sur-représentation dans les couches pauvres de la société, les violences faites au femmes, leur sous-représentation dans les instances politiques et les lois pour la parité. Sympa.
  • en CI : dans mes souvenirs, des reportages sur des manifestations présidées par la ministre de la condition féminine et/ou la première dame où on voit des discours à n’en plus finir enfoncer des portes ouvertes sur la scolarisation des jeunes filles, les filles-mères, le planning familial, l’accès au secteur informel aux femmes, des images de jeunes élèves qui  font des discours, des ballets, des activités (y insérer ce que vous voulez) pour marquer cette journée.

A la fin de la journée, je suis déprimée, parce que malgré l’auto -congratulation/satisfaction des femmes qui se sont mises sur leur 31 pour assister aux célébrations de leur Journée, on en reste au même point. Les annonces sonnent creux, les actions sont lancées et les budgets épuisés sinon sublimés (au sens propre du terme) bien vite. Sans parler des mentalités qui bougent à vitesse d’escargot ou se rétrogradent. Cette sorte d’injoncion à se motiver une journée et se sentir si peu soutenue le reste de l’année me donne juste envie de dire, mmouais, sans moi!! je ne veux pas de cette journée, donnez moi tous les autres jours!

Ce qu’en pense Sula

Pour cette édition de la journée de la Femme, j’aimerais rendre hommage à toutes les femmes qui nous ont précédées. Toutes ces femmes, qui de près ou de loin ont influencé nos vies. Cette journée est l’occasion de célébrer leurs vies de femme à part entière. Cette vie qu’elles avaient au-delà de leurs rôles d’épouse et de mère.

J’ai une pensée particulière pour Koro, Lydia, Akoua Christine et Anna Effoua ; mes grand-mères que j’ai eu l’immense privilège et la joie de côtoyer et mes arrière grand-mères dont les histoires ont bercé mon enfance. Que la richesse des tapisseries tissées par vos vies continue d’embellir la mienne.

Et vous, que pensez de la journée de la femme? Est elle nécessaire, importante? Si oui, comment la célébrez vous? Si non, pourquoi?

 

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