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Ouvrir la voix

Ouvrir la voix

Arts et entertainment, Culture et Lifestyle

Ouvrir la voix est un film documentaire, écrit et réalisé par Amandine Gay. Il donne la parole aux afrodescendantes de France sur leur rapport à leur couleur de peau avec la société.

Comment et quand découvrent t-elles qu’elles sont noires? Comment vivent elles le racisme à l’école maternelle, durant leur parcours scolaire, lors de l’orientation scolaire, au travail, dans leur communauté religieuse, dans leur rapports intimes, leurs relations conjugales, leur parentalité d’enfant noir, leurs luttes féminismes ou panafricaines jusqu’à leur décision de rester ou de quitter la France.

Le film dure 2 heures. La notion du temps est tellement relative, j’aurai passé le double du temps que je ne me serais nullement ennuyée, que je serais restée aussi concentrée qu’à la première minute. La première minute, le racisme dès les 3 ans, en plein océan de l’enfance dite innocente…et jusqu’à ce qu’on quitte la France (ou pas)!

Le film parle des identités complexes des femmes noires. Plusieurs angles sont abordés avec beaucoup de lucidité et une trame artistique. La parole est fluide et est aisée. On est comme à la maison ou au restaurant avec des copines qui nous ressemblent, qui se confient. Chaque femme peut se reconnaître d’une scène à une autre, en fonction de son vécu en France et de sa propre histoire familiale. J’ai cru entendre ma belle sœur, des amies proches, des collègues, …, moi même.  Les parcours de ces jeunes femmes sont différents mais cohérents quant à la blessure du racisme dans toutes les sphères de la vie privée. L’homosexualité et la santé mentale sont également abordées.

J’ai eu connaissance de ce film via les réseaux sociaux. Une campagne de crowfunding lancée pour la finalisation du film. Puis, les annonces de projection à Paris et Bruxelle. Je suis arrivée à 18h45 pour une projection prévue à 19h30. Je savais qu’il y aurait du monde et qu’il  n’y aurait pas de place pour tous. Et ben, j’ai vu juste! La générale, lieu de création artistique, a ouvert plus tôt que prévu pour accueillir tout ce monde, très en avance. lol. (oui oui vous savez le cliché des Noirs toujours en retard ahahaha). Des thés, tisanes nous ont permi de nous réchauffer gratuitement. Des fois, le contraste entre le monde associatif militant et la dure réalité des crocs agressifs est tellement flagrant qu’on peut s’y perdre.

Après la projection, Amandine a ouvert un débat pour discuter du film et répondre aux questions du public, en présence de Françoise Vergès, Maboula Soumahoro et Silyane Larcher. Les échanges ont été très fructueux et instructifs si bien qu’à 23h, on y était encore et qu’on aurait pu rester, même dans le froid…

Une recherche de compagnie de distribution en salles est lancée et la réalisatrice compte sur le bouche à oreille, les réseaux sociaux, l’engouement général pour permettre cette sortie. Malheureusement, difficile de compter sur les institutions, alors faisons les choses par nous même, pour nous même.

“Nous vous invitons à contacter les cinémas indépendants de vos régions (la programmation) afin de leur faire savoir que vous aimeriez voir le film. Ainsi, dès que nous aurons trouvé une distribution professionnelle, ces cinémas pourront commander le film en sachant qu’il a déjà un public.

Merci pour votre soutien et votre enthousiasme et au plaisir de vous voir lors d’une projection dans les mois qui viennent.” Amandine.

Ce film vaut la peine de se battre pour le voir (certaines sont venues depuis la province, d’autres ont dû s’asseoir par terre faute de places, d’autres n’ont pas pu rentrer dans la salle), d’en discuter, de communiquer autour. Si vous avez l’occasion de le voir, n’hésitez pas une seule seconde. C’est un pas important pour la lutte contre la double discrimination (femme, noir). Savoir et en tenir compte pour armer suffisamment la prochaine génération. Que ce que nous avons vécu, ne se répètent pas pour elleux.

Comme dirait un papa, “Merci bcp Amandine, père de deux petites filles, ce film me permet de comprendre, de cerner les enjeux auxquels elles feront face…”, ou une jeune femme émue “Ce film était nécessaire”.

Le meilleur reste à venir.

Contact: Page facebook

Les extra du film:

 

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