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La palabre des Enfants

La palabre des Enfants

Culture et Lifestyle

Lors de mon séjour en Angleterre, l’une de mes activités favorites avec mon fils était le “storytime” à la bibliothèque, “Just fun”! Simple, sympathique, accueillant, divertissant et bienveillant. Oh oui, les anglais sont bienveillants, family friendly. Euh non, ils ne vont pas bousculer exprès votre enfant dans un certain métro parisien, ils seront galants et disciplinés dans une queue, vous laisseront gentiment leur place sans faire la tronche, bref si vous avez un enfant, courez en Angleterre. On vous déroulera le tapis rouge ou presque. Enfin, je m’égare. Ce que je voulais souligner de plaisant chez les “rosbeef”, c’est la diversité d’activités enfantines qu’ils proposent et pour une maman au foyer, ça compte énormément !

De passage en France et toujours “storytime-addicted”, j’avais noté dans mon agenda les palabres autour des arts (PADA), spécial Noël le samedi 13 décembre.  Kesako? Il s’agissait d’une rencontre pour raconter des histoires, des contes africains aux enfants. Ce genre de divertissement est si rare en Île de France (ou alors, je veux bien vos bonnes adresses) que j’ai sauté sur l’occasion.  En tant que maman afropolite vivant en Europe, c’est difficile d’avoir des ateliers de lecture ou de contes centrés sur des histoires d’Afrique noire ou ayant un personnage qui ressemble à nos enfants crépus. Épargnez-moi Kirikou svp, à cause de ce personnage, ma nièce Edna m’a posé 1, 2, 3…10 fois durant l’année 2014 si tous les Africains vivaient nus en Afrique. soupir!

Je suis les palabres autour des arts depuis un an et il faut dire que j’apprécie grandement ces rencontres et l’équipe chroniqueuse.

“Les palabres autour des arts” sont des rendez-vous mensuels autour du livre dans une librairie promouvant l’art africain : lieux d’expression des littératures contemporaines africaines

Pour expliquer le contexte:

Ce qu’ il y a de particulier dans ces palabres qui se distinguent de simples clubs de lecture, c’est la richesse des échanges, des débats dans un cadre à la fois sérieux et convivial. Si vous venez aux PADA, vous allez participer le temps d’une soirée à trois moments forts:

Une première partie “la palabre des livres” au cours de laquelle les chroniqueurs présentent un ensemble de livres s’articulant autour d’un thème précis, choisi pour la rencontre. Par exemple, la banlieue en écriture, le romantisme dans la littérature africaine, écrire sous la mitraillette, femmes rebelles, femmes libres?… Pendant la seconde partie “l’invité palabreur”, un écrivain présente une de ses parutions ou son univers littéraire et répond aux diverses interrogations des lecteurs.

La dernière partie “piment dans la bouche des palabreurs” consiste en un échange à bâtons rompus avec le public sur le thème de la soirée.

J’ai donc participé à la palabre, spécial Noël, de ce samedi avec mes deux enfants, poussin 2 ans et princesse 5 mois. Ok c’etait la plus jeune participante mais il y avait aussi une magnifique jeune fille de 13 mois 🙂

J’entraîne mes enfants dans l’univers stimulant et imaginaire du livre. Ça fait partie des clefs de vie que j’aimerais qu’ ils possèdent sans trop d’effort.

Nous sommes arrivés un peu en avance pour avoir le temps de bien s’installer, s’approprier l’endroit et surtout leur faire prendre le goûter; on ne le dira jamais assez : ventre affamé n’a point d’oreilles !

Les invités sont arrivés timidement,  je pense que la pluie a freiné beaucoup de parents. Ah ils n’ont pas vécu en Angleterre,  s’il fallait rester sous la couette à cause du froid et de la pluie, on ne ferait jamais rien lol. Les fiers guerriers comme nous, qui avions bravé le mauvais temps, ont passé un délicieux moment.

Nous avons eu un très joli conte de M’toto lunettes de Sylvie Mombo avec la voix gracieuse de Grâce, chroniqueuse et celle, mélodieuse de Celia. J’ai encore la musique du conte dans les oreilles. C’était excellent, je pense que tous les enfants ont apprécié,  ils étaient bien captivés par l’histoire.  On ne dira point qu’ils avaient tous dans la bouche des sucettes, chuuuut!!!

20141213_154649Les chroniqueuses ont raconté le début du conte avec une bonne animation (gestuelle, intonation, articulation, mime, suspense…). Elles se sont arrêtées au milieu de l’histoire à notre grand dam.  La consigne aux enfants était de demander au père Noël d’avoir la suite du conte. C’était dégueulasse, pardon, bien joué!  Évidemment, j’ai acheté le livre hein. Il fallait absolument que je sache ce qui est arrivé à cette grand mère M’toto lunettes qui traverse la forêt sans ses lunettes et avec son panier de fruits et légumes dans les bras.

Il y a eu également le conte Fukubutu de Gabriel Kinsa racontée par Aurore. J’étais occupée avec la petite qui avait sommeil donc je n’ai pas très bien suivi mais il me semble que les enfants ont bien aimé ce deuxième conte.

En second temps de la palabre, il y a eu l’intervention de Muriel Diallo. Elle nous a partagé ses rêves d’enfant, son travail, ses débuts, le choix d’écrire aux enfants, le choix de ses personnages,  ses ateliers d’arts plastiques avec les enfants, les matières utilisées etc. Elle nous a présenté tous ses livres et collections “Bibi n aime pas”, “les petits métiers” … Voir l’article sur Bibi n’aime pas l’école. J’ai beaucoup apprécié cet échange,  les enfants peut être un peu moins. J’ai remarqué 2 fillettes qui écoutaient d’une oreille distraite et lisaient plutôt leurs exemplaires de Bibi.

Enfin, Muriel Diallo, nous a fait voyagé en Côte d’ivoire à travers sa dernière parution “coiffures coupé décalé” en nous racontant l’histoire du coiffeur,  fan de James Brown. Au fil des pages, nous avons découvert l’univers drôle et riche d’un jeune coiffeur.

A la fin des palabres, j’ai acheté Bibi n’aime pas le guérisseur, joliment dédicacé par Muriel et je suis repartie avec Bibi n’aime pas le foot que Muriel a offert à mon fils. J’étais super émue et contente. Si vous voulez savoir pourquoi j’ai eu ce seul exemplaire,  posez moi la question en commentaire :).

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Les plus :

– La gentillesse des animatrices et libraires, l’accueil chaleureux, le charmant goûter composé de gâteaux, jus, pain d’épices et bonbons. En maman indigne, j’ai plongé dans l’assiette de bonbons omelette, complètement honteux j’assume.

– Une bonne gestion du temps

– Une pluralité des livres pour les diverses tranches d âge.

 Les moins :

– On attire pas les mouches avec du vinaigre : la librairie, très belle par ailleurs, n’était pas décorée pour l’événement. Avoir un univers féerique, enfantin, ça compte pour l’imagination de l’enfant. Ne vous y trompez pas, les enfants sont très exigeants. C’était très adulte, pas assez festif. Il y avait à peine une guirlande. Pour 1h et 2h,  on aurait pu monter un décor éphémère pour faire plaisir aux enfants.

Je suggérerais pour le prochain PADA-enfant une mise en scène propice à la narration de conte, des tapis au sol pour installer les enfants, si possible en ronde, des tabourets, des chaises enfants ou des poufs…

-L’absence d’implication des enfants

J’aurai voulu une participation dirigée des enfants, qu’ils vivent les contes, le spectacle, pas seulement qu’ils y assistent, une vraie interactivité avec des questions et explications des enfants.

Je suggérerais une vraie palabre enfant sans ( ou presque) l’intervention, l’auditoire adulte. Je m’explique : on a senti une trop forte présence adulte, le discours et les mots pas assez adaptés aux enfants de 2 à 8 ans, les préoccupations partagées pas forcément celles de jeunes enfants. Moi en tant que lectrice adulte, j’étais absolument ravie mais je ne suis pas sûre que mon poussin de 2 ans ait voulu connaître les pannes d’inspiration, l’engagement de l’écrivain, les choix d’éditeur français ou ivoirien,  l’intérêt de choisir le papier carton ou souple pour la couverture du livre, et j’en passe.

– L’absence de cadeaux

Aie, c’est Noël non ? Il aurait fallu des cadeaux souvenir à distribuer. Pas grand chose, des petits paquets d’à peine 1 euro. Euh oui, pour créer l’émotion et faire durer le plaisir… Pour que le lendemain du PADA,  l’enfant en parle encore les yeux émerveillés avec plein d’étoiles et de petits cœurs en pensant à la merveilleuse journée d’hier. Oui oui, j’aurai bien transformé Joss Doszen, l’initiateur des PADA en père Noël noir, ça aurait pu être drôle non ? OK on barre cette suggestion mais le prochain  PADA spécial enfant, vous pouvez mieux faire.

PALABRE AUTOUR DES ARTS MES ENFANTS VOUS DISENT MERCI!

Liens utiles

http://palabresautourdesarts.blogspot.fr

http://sylviemombo.com/parcours/spectacles.html#ado

http://murieldiallo.over-blog.com

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