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Des prénoms africains

Des prénoms africains

Afrolife, On reste poli, Opinion, Société

Dans le contexte d’islamophobie, de peur de la minorité de la civilisation européenne (rolling my eyes ?), de la négrophobie, les nouveaux et futurs parents se posent la question du choix du prénom de leur progéniture.

Porter un prénom à consonance africaine, est ce approprié ? Est-ce assez choco ? Est-ce revendicateur ?

Le nom est un marqueur d’identité. Socialement, culturellement.

Je pense qu’il faut dire aux enfants dès le plus bas âge qui ils sont. Il ne faut pas attendre d’être désigné, identifié par l’autre. Dans son regard, dans sa parole. C’est humiliant et ça laisse des traces et des blessures qui prennent des années, des décennies voire une vie entière pour en guérir.

Certains pensent que la discrétion (sérieux Chevènement ?), l’assimilation peuvent aider à l’intégration, au respect de toutes les identités et communautés. Je pense que non ! La grande Histoire l’a bien montré à plusieurs reprises. Et que dire de nos expériences individuelles.
Si vous êtes noir, peut importe votre prénom francisé, vous serez perçu tel. Si ce n’est pas votre prénom, ce sera votre nom de famille, ou votre couleur de peau, ou la texture de vos cheveux, ou votre religion, ou votre accent, ou vos convictions. Il y aura toujours un moment où on fera comprendre à votre enfant, au mieux, qu’il n’est pas vraiment français, au pire, qu’il est un sous-homme. Certains l’ont vécu à 3 ans, d’autres à 30 ans.

Si vous êtes son confident, il pourra se tourner vers vous et vous lui expliquerai alors la valeur de son patrimoine génétique et/ou culturel. Si d’ailleurs, vous en êtes conscient. Mais si vous n’êtes pas là ou qu’il ne vous interroge pas, qui le lui dira, qui l’aidera à gérer frustrations et incompréhensions ?

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Anticipons!

Expliquons à nos enfants le choix de leur prénom (tradition, amour, espérance, conviction…), le contexte de leur naissance, leur histoire.

Au temps de l’esclavage et de la colonisation (ce n’est pas encore fini la victimisation ? non c’en est pas!), les maîtres imposaient les noms aux esclaves. De nos jours, nous avons un peu plus de liberté (qua même), osons nous affirmer… un tout petit peu.

Attention, mon plaidoyer ne concerne pas les personnes qui choisissent des prénoms sous un coup de cœur, un effet de mode, par amour d’une star ou d’un concept, par créativité. Il concerne ceux qui hésitent à donner des prénoms africains par « peur » ou « soucis de bien faire » pour être dans la « normalité » aka « la majorité bien-pensante ». L’arbitre est libre.

Que les enfants n’aient pas honte de leur identité, de leurs origines.

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N’ayons pas peur de donner les armes de l’estime de soi à nos enfants.

A s’aimer passionnément et méticuleusement. Sans excuses.

Ils sauront se débrouiller dans la cour de récré, ils sauront s’adapter aux coups de la vie… mais n’utilisons pas l’argument de la peur, de la facilité, de la neutralité pour leur donner des prénoms sensés édulcorer, atténuer ce qu’ils sont pour une meilleure tolérance.

« Si il a un nom pas trop ceci, plus cela, il pourra réussir dans la vie, les portes ne lui seront pas obstinément fermées. Peut-être qu’il pourra se faire aimer, accepter ».

C’est normal de vouloir le meilleur pour sa progéniture, mais il ne faut pas considérer ce marqueur identitaire comme un bagage trop lourd à porter. Il faut leur faire confiance. Ils en feront ce qu’ils vaudront à l’âge adulte, quitte à s’en débarrasser définitivement, mais au moins, en tant que parent, on aura fait notre part… sans regret.

Heidi

1 Comment

  1. Sula
    29/08/2016 at 6:17 pm
    Reply

    Si le president du pays le plus riche du monde s’appelle Barack Hussein Obama, ca doit decomplexer les gens vis a vis de leurs reticences.

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