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Raoul Follereau- Y Croire?!

Raoul Follereau- Y Croire?!

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Un samedi de Janvier dernier, en allant faire des courses à quelques pas de chez moi, j’ai rencontré un quêteur Raoul follereau. Autrement dit, un monsieur lambda, avec une timbale, demandant aux passants de l’argent pour la Fondation Raoul Follereau, dans le cadre de la lutte contre la lèpre dans le monde. Il faisait un froid de canard comme on dit et le monsieur grelottait. Les passants, pressés, n’avaient pas l’air tant que ça de se préoccuper de cette énième oeuvre “humanitaire”. De mon côté, c’était grandement le contraire!

Mon pouls s’est accéléré en voyant le logo, l’étiquette Raoul Follereau. En moins de 10 secondes, j’ai fait un bond de 20 ans en arrière. Mes années collège. La 6 ème. Le lycée Sainte Marie de Côte d’Ivoire. L’institut Raoul Follereau et la lèpre. La (Ma) belle et lointaine époque humanitaire de bon cœur et de bonne foi.

FONDATION FOLLEREAU

Crédit photo:

http://www.lanouvellerepublique.fr/Indre/Communautes-NR/n/Contenus/Articles/2015/01/23/Fondation-Follereau-trois-jours-de-quete-2195685

Ce français rencontré de si bon matin en plein hiver m’a transposé en Afrique subsaharienne. Et avec, les doux souvenirs du don de soi, de la charité (sans retour), de la générosité et de l’altruisme. Les simples valeurs d’une enfance choyée au soleil mais consciente et éduquée en faisant attention à l’environnement autour de soi.

Pour comprendre de quoi je parle avec tant d’émotion, il faut se situer dans un contexte africain, dans une ville ou un village où les malades de la lèpre étaient isolés. Presqu’ abandonnés de leurs familles, ils se retrouvaient dans un centre d’accueil et avaient besoin d’aide, de soutien matériel et psychologique… De mémoire, mon lycée était associé à la fondation Raoul Follereau et proposait à ce titre, des activités pour aider à la prise en charge de ces lépreux. Participer à la recherche médicale, récolter de l’argent, des denrées alimentaires, vestimentaires, etc, pour améliorer la qualité de vie et subvenir aux besoins de première nécessité de ces malades vulnérables. Les éducatrices du lycée proposaient de collecter pendant un week end de Janvier auprès de nos familles, amis et notre entourage des vivres et de l’argent, …, de quoi apporter un peu de chaleur aux lépreux. I l était également possible de vendre des timbres, 100 fcfa l’unité, et le fruit des ventes étant destiné bien sûr à la lutte contre la lèpre. Ainsi, en duo ou seul, on pouvait voir des jeunes filles dans les rues, les églises, les mosquées, aux abords des supermarchés, des centres commerciaux,… aborder les passants et/ou les connaissances au nom de l’institut Raoul Follereau. Il y avait même des concours, de saines émulations entre participants pour récolter le plus de dons et vendre le plus de timbres possible. Rien n’était obligatoire. L’esprit humanitaire était sain.

Après cette immersion temporelle, revenant à ma réalité, je souris au monsieur qui balbutiait devant moi. Impossible de comprendre ce qu’il disait, ses dents claquaient un peu trop à cause du  temps glacial. Je lui ai simplement dit que je connaissais la fondation Raoul Follereau et le projet dont il était porteur aujourd’hui. J’ai mis fièrement et symboliquement 1 euro dans sa timballe. Identique à celle d’il y a vingt ans, sur un autre continent. Il m’a remis une étiquette que j’ai collé à mon sac à main. Je ne sais pas combien de lépreux compte en 2015 la Côte d’Ivoire ou le reste du monde. Mais s’il en reste même qu’un seul, c’est un lépreux de trop, la lutte mérite de continuer.

D’habitude, vis à vis des ONG humanitaires, je suis très soupe au lait. Je crie, ok je murmure au scandale, à l’exploitation de la misère, à l’image dégradante de ces éternels assistés africains qui tendent la main. Je m’énerve contre les ONG européennes qui ne font pas vraiment avancer les choses mais s’achètent une bonne conscience à travers l’humanitaire. Je m’insurge sur plein de choses injustes et qui n’aident pas l’Afrique à sortir du sous-développement. Les détournements d’argent et de projet des dites actions humanitaires. Les faces cachées, les ombres. Les cercles vicieux. En général, j’accuse les Blancs de se croire supérieurs en multipliant les campagnes dénigrantes vis à vis des Africains, pauvres, malades, en guerre, en famine, en crise, en…, rayer la mention la plus honorifique.

Cette fois-ci, j’ai juste eu un Geste de Bon Coeur.

 

Lien utile:

http://www.raoul-follereau.org/

 

 

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